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L’enfermement des mineurs ne devrait pas être une réponse pénale en France, alerte l’Observatoire international des prisons

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La détention des 13-17 ans en France, entre solitude, oisiveté, drogues, fouilles à nu régulières ou manque de formations, est « incompatible » avec l’enfance, a affirmé, mardi 22 septembre, la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP), dans un rapport qui invite à « mettre fin » à l’enfermement des enfants et des adolescents.

Le fonctionnement des quartiers mineurs (QM) des prisons, mais aussi des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) – créés en 2002 et ouverts en 2007, qui doivent comporter une prise en charge éducative renforcée –, s’est révélé « totalement contre-productif », a souligné Julien Fischmeister, chargé des analyses et du plaidoyer à l’OIP, lors d’une conférence de presse.

Au 31 août, 817 mineurs, garçons et filles, étaient détenus en France, soit 0,9 % de la population carcérale totale. Par endroits, le taux d’occupation des places qui leur sont consacrées arrivait à saturation, comme dans les maisons d’arrêt de Limoges ou de Pau (100 %), voire au-delà pour le centre pénitentiaire de Marseille (144,4 %).

Ils sont détenus dans 41 QM, ainsi que dans six EPM. Or, « près de vingt ans plus tard, les EPM, qui ne devaient pas ressembler à une prison, en ont pourtant tout d’une », déplore l’OIP.

Un taux de récidive entre 63 % et 69 %

« L’ensemble des professionnels du terrain font au quotidien l’expérience d’un fonctionnement des quartiers mineurs qui est catastrophique », affirme Julien Fischmeister. Face à ce constat, l’OIP formule une recommandation : « Mettre fin à l’enfermement des enfants et des adolescents comme réponse pénale. »

Le choc carcéral est notamment décrit comme « particulièrement violent pour la majorité des adolescents », souligne Pauline Petitot, chargée d’enquête à l’OIP. « Les EPM, qui, à l’origine, devaient être un environnement effaçant la carcéralité, ont très rapidement été dotés, dès les premiers incidents, de grilles, de grillages, de portes, de panneaux occultants, de caillebotis », continue-t-elle.

A cela s’ajoutent des fouilles à nu régulières, assorties de « méthodes subies et particulièrement intrusives », d’autant plus marquantes à un âge où le rapport au corps est complexe. En détention, « l’accès aux cours n’est pas garanti » et « les normes de temps hebdomadaire prévues », déjà « inférieures au temps scolaire à l’extérieur, ne sont pas respectées », déplore Odile Macchi, responsable du pôle Enquêtes de l’OIP.

Entre 2016 et 2021, le taux de récidive a oscillé entre 63 % et 69 %, souligne-t-elle. « Ces trajectoires sont le fruit de différents facteurs, dont une partie est liée à l’expérience carcérale », ajoute Mme Macchi, pointant la « relative impréparation des projets de sortie, qui ne favorisent ni une insertion professionnelle, ni un raccrochage à la scolarité ».