Les archives d’Albert Camus, avec ses manuscrits, ses faux papiers et ses lettres, rejoignent la BNF
« Ce que je veux dire : qu’on peut avoir – sans romantisme – la nostalgie d’une pauvreté perdue. Une certaine somme d’années vécues misérablement suffisent à construire une sensibilité. » Mai 1935, Albert Camus a 22 ans. Il écrit ces lignes, les premières que l’on ait gardées de sa main, dans un cahier de marque Jupiter à la couverture beige patinée par le temps, dont on ose à peine feuilleter les pages. Un trésor qui, en compagnie de nombreux autres, entre dans les collections publiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF) à Paris : manuscrits de romans ou de pièces de théâtre, cahiers de notes ou de mises en scène, correspondances, agendas…
« Cette acquisition constitue la plus importante jamais réalisée par l’Etat en matière de patrimoine littéraire », a annoncé la ministre de la culture, Catherine Pégard, lors de la présentation de ce fonds exceptionnel, jeudi 2 juillet, sur le site Richelieu de la BnF. Jusqu’à présent, l’établissement public ne disposait que du manuscrit de La Peste, offert par la famille d’Albert Camus en 1983, et de la correspondance avec le poète René Char (1907-1988), cédée par ce dernier à la fin de sa vie.
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