Le cadet est âgé de 9 mois, dont la moitié passée à la rue. L’aînée a 3 ans et s’apprête à faire son entrée à l’école, sans avoir de toit. Depuis que leurs parents ont vu leur demande d’asile refusée et ont dû quitter, en avril, leur centre d’accueil, ils n’ont obtenu que quelques nuits d’hébergement d’urgence auprès du 115 – le numéro d’urgence sociale – de Seine-Saint-Denis. « On téléphone tous les jours, tôt le matin, et on attend deux, trois heures pour avoir quelqu’un. On nous dit que même si on n’a pas de place, il faut continuer à appeler. On ne se décourage pas », décrit leur père, Oumar (les personnes citées par leur prénom n’ont pas précisé leur nom de famille).
Le jour, il travaille au noir dans la construction. Certaines nuits, ils se relaient, son épouse et lui, assis sur des bancs devant un hôpital, veillant leurs enfants endormis. D’autres, ils se cachent dans des jardins publics et des gares RER, le temps de leur fermeture nocturne. Ils privilégient désormais les buissons d’un parc ouvert en continu – « Il y a toujours du monde, c’est mieux pour la sécurité », explique Oumar, qui raconte avoir quitté la Côte d’Ivoire pour préserver sa fille de l’excision. La période récente a été éprouvante : « Notre bébé a eu la varicelle, il pleurait beaucoup, on avait peur de se faire repérer. »
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