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Les « châteaux cathares », une belle légende abandonnée pour l’entrée des forteresses royales du Languedoc au Patrimoine mondial de l’Unesco

· Culture

Cathare ou pas, canicule ou pas, il va falloir grimper. En ce jour de juin brûlé de soleil, on lève le nez vers la forteresse de Montségur (Ariège), depuis le pied du pog, autrement dit le piton qui lui donne son nom. Deux cents mètres de dénivelé, sur un sentier tortueux de pierres glissantes. Mais en haut, à 1 200 mètres, le méritant trouve sa récompense : les vieilles pierres d’un château de légende, et un panorama à perte de vue sur le pays d’Olmes, les pics de Soularac et de Saint-Barthélemy, les forêts et les vallées se découpant sur la ligne bleue de l’horizon.

La légende et l’histoire, ici, se sont tellement imbriquées depuis le XIIe siècle que l’on ressent une forme de nostalgie à se dire que ces murs de pierre, qui se confondent avec le rocher dans lequel ils s’enracinent, n’ont de cathares que le nom qu’on leur a longtemps donné. Depuis 2013, le département de l’Aude, en association avec l’Ariège où se trouve Montségur, s’est lancé dans un long processus pour faire entrer au Patrimoine mondial de l’Unesco huit de ces châteaux dits « cathares », du nom de ces mouvements chrétiens considérés comme « hérétiques » par l’Eglise catholique. Et patatras ! Un mythe s’est écroulé.

Au fil de cette longue marche pour faire reconnaître cet ensemble comme un bien à la fois universel et exceptionnel (un classement qui devrait être approuvé par le comité annuel de l’Unesco le 26 juillet), on a appris que ces « citadelles du vertige » n’étaient pas celles des cathares, mais qu’elles avaient bien été construites par le roi Louis IX, plus connu sous le nom de Saint Louis, pour mettre au pas une région en pleine éruption religieuse et politique d’une part, pour sécuriser la frontière avec le royaume d’Aragon d’autre part. Les « châteaux cathares » sont donc devenus, officiellement, les « forteresses royales du Languedoc ». Un séisme pas seulement régional, tant ces monuments ont longtemps incarné une forme de rébellion universelle.

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