Les entreprises face au bond spectaculaire de leur facture d’IA : « On sort de l’ère du repas gratuit »
Dans toutes les entreprises utilisant massivement l’intelligence artificielle (IA), la hausse des factures liées à l’usage de cette technologie est devenue « le » sujet de conversation. « On est en train de sortir de l’ère du repas gratuit », résume Etienne Grass, le responsable IA du cabinet de conseil Capgemini. « Et ce n’est que le début », a-t-il prévenu le 20 mai, lors d’une conférence de presse annonçant la création d’un consortium de 28 entreprises françaises, baptisé « AION », qui doit répondre à l’appel d’offres de la Commission européenne pour la création de grands data centers surnommés « gigafactories ».
« Cette problématique est soudaine. On n’en parlait pas l’année dernière », confirme Vincent Luciani, cofondateur du cabinet de conseil en IA Artefact. Au centre des discussions, les fameux tokens. Parfois appelés « jetons » en français, ce sont les unités de compte adoptées par le secteur pour quantifier l’usage fait des modèles d’IA : ils correspondent à des bouts de mot, d’image ou de vidéo que ces logiciels génèrent ou ingurgitent à chaque requête.
Ces derniers mois, la quantité de tokens consommés a explosé, en raison d’une mutation des assistants d’IA : on est passé des chatbots (qui, comme ChatGPT à son lancement, répondaient à des questions des utilisateurs) à des « agents » (qui sont, eux, capables d’accomplir des tâches pendant plusieurs minutes, voire plusieurs heures).
Il vous reste 82.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.