Les jeunes militants LR confrontés au difficile début de campagne de Bruno Retailleau
Dimanche 25 octobre, vers 10 heures, le marché central de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) bat son plein. Les habitants se pressent devant les rangées de produits frais, savourant les rares rayons de soleil d’un week-end pluvieux. Postés aux divers points d’entrée du site, des militants du parti Les Républicains (LR) du département sont en ordre de bataille. « Bonjour, madame, c’est pour la présidentielle », lance Anaëlle Reynès, 23 ans, trésorière des Jeunes Républicains, en brandissant un tract à l’effigie de son candidat, Bruno Retailleau. Elle y croit, malgré une campagne qui peine à décoller : « Tout le monde est à fond derrière Bruno. »
Pourtant, même dans ce fief de la droite, les réactions sont souvent mitigées, et quelques scènes, parfois cocasses. « Bruno Retailleau, voilà ce que j’en fais ! », s’écrie une vieille dame, sympathisante du Rassemblement national (RN), avant de déchirer le prospectus et d’ajouter : « Votre candidat, il n’a aucune chance, vous êtes cinglés. » Plus tard, l’accueil est meilleur. « On croise les doigts », sourit une autre habitante, Danielle Fabrikant, 82 ans, avant de soupirer : « Depuis qu’il y a La France insoumise [LFI], c’est le bazar. »
Le slogan du moment est inscrit en lettres blanches sur le fond sombre du papier tendu : « Rétablir l’ordre. » Une réaction aux mobilisations sociales qui agitent le pays cet automne. C’est une opération tractage « dans toute la France », s’enorgueillit Anaëlle Reynès, pour qui il y a « deux jeunesses : celle qui casse et celle qui bosse ». La première, selon elle, « brûle les lycées », « tape des flics ». La seconde « veut aller en cours et en a marre des blocages ». « Cette jeunesse-là est silencieuse, elle ne hurle pas, n’a pas les cheveux bleus, mais elle est majoritaire », ajoute la militante.
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