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Les mille nuances de gris de Whistler au Musée Van Gogh à Amsterdam

· Culture

Si l’on excepte « Whistler, l’effet papillon » – le lépidoptère lui servait de monogramme –, présentée au musée de Rouen en 2024, qui regroupait une cinquantaine de ses œuvres avec celles d’autres peintres, la première grande rétrospective consacrée en Europe à James Abbott McNeill Whistler (1834-1903) depuis trente ans est présentée, après la Tate Britain cet été, par le Musée Van Gogh d’Amsterdam et la Collection Mesdag de La Haye. Près de 130 tableaux, dessins et estampes qui laissent rêveur : comment un homme qui excellait dans les mille nuances de gris a-t-il pu être accusé par le plus grand critique britannique de son temps, John Ruskin, de « jeter un pot de peinture à la figure du public » ?

Ce n’est pas le moindre des paradoxes qui entourent cet artiste, né aux Etats-Unis, élevé en Russie où son père, ingénieur, s’occupait des chemins de fer du tsar et où lui-même s’initia aux beaux-arts à l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg – il y apprit aussi le français. De retour en Amérique, il passe par l’école militaire de West Point d’où, pour avoir cru selon ses dires que le silicium était un gaz, il est renvoyé en 1854, après avoir toutefois appris les bases du dessin topographique. L’armée perd là un potentiel mais improbable général, l’art va gagner un trublion magnifique.

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