Lille s’offre le derby face à Lens et reste dans le sillage du PSG en haut de la Ligue 1, où Nice poursuit sa remontée
Après un début de championnat cahoteux, le Paris Saint-Germain (PSG) a passé la vitesse supérieure en signant, vendredi 30 octobre, un sixième succès d’affilée en Ligue 1 – le neuvième toutes compétition confondues – sur la pelouse de la lanterne rouge, Le Havre, sur le score sans appel de 5-1, lors de la neuvième journée. Le club parisien a ainsi consolidé sa place de leader (20 points) tout en voyant Lille se maintenir dans son rétroviseur (18 pts) grâce à un succès en soirée face à Lens dans le derby du Nord (1-0).
Longtemps impuissant dans un match qu’il a pourtant maîtrisé de bout en bout, le LOSC s’en est remis à son champion du monde 2018, Olivier Giroud, pour arracher la décision face à son rival régional. Les Dogues ont d’abord manqué de réalisme et buté sur un très bon Robin Risser, auteur de six arrêts. Mais, entré en jeu à vingt minutes de la fin, l’inusable Giroud (40 ans) a profité d’un ballon repoussé dans sa zone par le gardien lensois, après une frappe puissante de Nabil Bentaleb, pour faire trembler les filets et faire chavirer le stade Pierre-Mauroy (86e).
« J’ai eu la chance de jouer pas mal de derbys, et pas des moindres. Mais celui-là me tenait à cœur, parce que c’est certainement le dernier à domicile », a souligné l’ancien joueur d’Arsenal, de Chelsea et de l’AC Milan notamment, qui devrait prendre sa retraite à la fin de la saison. Ce but est venu récompenser le « match le plus complet » réalisé par les Lillois cette saison, s’est réjoui l’entraîneur des Dogues, Davide Ancelotti, après avoir déploré la veille du match que son équipe passe souvent à côté de ses deuxièmes périodes.
Après trois victoires de rang, les Lensois ont, eux, été bien loin du niveau qu’ils ont affiché ces derniers temps en championnat, à l’image de leur capitaine Florian Thauvin – lui aussi champion du monde 2018 avec les Bleus –, très brouillon et qui a raté une énorme occasion à l’heure de jeu, alors que le score était de 0-0. Les Sang et Or restent huitièmes (13 pts) et vont devoir se remobiliser avant la venue de Côme, mercredi, un rendez-vous déjà capital pour leur avenir en Ligue des champions.
« On était toujours en retard, on n’a pas gagné un seul duel, on n’a rien montré, ce soir », a cinglé l’entraîneur de Lens, Yannick Cahuzac. « Robin [Risser] nous tient la baraque, mais c’est quand même regrettable que notre meilleur joueur sur un derby soit notre gardien », a-t-il déploré.
Hakimi voit triple
Un peu plus tôt, le PSG, sans quatre de ses éléments incontournables (Khvicha Kvaratskhelia, Ousmane Dembélé, Nuno Mendes, Marquinhos), indisponibles et blessés, avait déroulé au stade Océane du Havre. Au sein d’un onze largement remanié, un autre joueur cadre, le défenseur Achraf Hakimi, a assuré le spectacle avec un triplé. Déjà passeur sur le premier but, celui de Mika Godts (1-1, 26e), le Marocain s’est ensuite débrouillé tout seul pour transpercer facilement la défense et tromper Arnaud Bodart (2-1, 28e), qui jouait pour la première fois dans les cages havraises.
Menés après l’ouverture du score de Josh Maja (18e), les Parisiens auront donc eu besoin de huit minutes pour égaliser et de deux supplémentaires pour renverser le match. Hakimi a continué son festival par un coup franc parfaitement enroulé (3-1, 55e), puis a conclu une transition éclair, dont Godts était à l’origine, pour réaliser le premier triplé de sa carrière (5-1, 69e).
« C’est un attaquant quand nous avons le ballon. Il est plus haut que les attaquants, parfois. Il est le meilleur latéral droit du monde », a glissé devant la presse Luis Enrique, qui est devenu, vendredi, l’entraîneur qui a le plus gagné dans l’histoire du PSG (127 victoires). Avant le troisième but de Hakimi, Senny Mayulu avait profité de la sortie hasardeuse du gardien normand (4-1, 62e) pour marquer de nouveau, quatre jours après son but face à Lyon.
Avant le déplacement mardi à Villarreal, qui peut déjà rapprocher le PSG d’une qualification au prochain tour de la Ligue des champions, la soirée a été parfaitement gérée. Avec du temps de jeu pour les habituels remplaçants (Digne, Hernandez, Mayulu) et encore une bonne prestation de Mika Godts.
Rennes dérape
En face, l’histoire est inversée. Ce cinquième revers d’affilée enfonce les Normands, déjà derniers du championnat. « C’est forcément préoccupant : concéder autant de buts, ce sont des fautes professionnelles », a regretté leur coach, Didier Digard, après avoir encaissé 12 buts en trois matchs.
La soirée de vendredi a également été marquée par la déroute de Rennes à Nice (5-2). Portés par un Elye Wahi intenable et auteur de trois buts, dont deux sur penalty, les Aiglons ont remporté leur quatrième victoire sur les cinq dernières journées, et confirmé leur retour en forme après un très mauvais début de championnat. Jonathan Clauss et Mohammed Amoura ont également participé à la fête.
Rennes, sans ses internationaux français Esteban Lepaul et Brice Samba, blessés, a fait étalage de trop de largesses défensives tout au long de la rencontre pour espérer mieux, malgré les buts de Sebastian Szymanski et Boulaye Dia (sur penalty). « On est fautifs sur beaucoup de points, a admis l’entraîneur rennais, Franck Haise. Mais c’est aussi parce qu’on est tombé sur une très bonne équipe de Nice, et notamment un Elye Wahi des grands soirs. »
Avant la suite de la 9e journée, samedi et dimanche, Rennes pointe en troisième position (16 pts), sous la menace directe de Monaco, de Lyon et du Paris FC, alors que Nice monte à la septième place (14 pts). « Je pense qu’on peut mieux faire, a assuré le coach niçois, Olivier Pantaloni. Je vais inciter les joueurs à être encore plus performants pour avancer dans ce championnat. »