L’interdiction des mariages d’étrangers sans papiers de retour à l’Assemblée nationale, avec le soutien du gouvernement
Elle n’avait jamais vécu une telle humiliation. Elle, en robe de mariée, apprêtée et accompagnée de ses trois enfants. Son conjoint, Mustapha (toutes les personnes citées par un prénom ont souhaité conserver leur anonymat), en costume bleu marine. Et pour comité d’accueil : des caméras, des gens qui les huent, les insultent. A l’hôtel de ville de Béziers (Hérault), elle revoit le maire, Robert Ménard (divers droite), écharpe tricolore en bandoulière, mettant en scène devant les médias son refus d’unir la secrétaire et le matelot, alors que la veille, au téléphone, le service de l’état civil de la municipalité avait confirmé le rendez-vous sans hésiter.
C’était le 7 juillet 2023. Treize jours plus tard, Mustapha, qui faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF), est expulsé vers l’Algérie. Depuis, la vie d’Eva, 32 ans, est « en suspens ». « On est les marionnettes de politiciens », dit-elle. Pour s’être dérobé à ses obligations et avoir fait échec à l’exécution de la loi en refusant de marier Eva et Mustapha, au motif de la situation irrégulière du conjoint, Robert Ménard comparaîtra le 30 septembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Il encourt cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Un procès sans précédent.
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