Logements étudiants : l’association Que choisir ensemble alerte sur le non-respect du plafonnement des loyers
La quasi-totalité des annonces pour des logements étudiants analysées par Que choisir ensemble ne respectent pas l’encadrement des loyers, selon une étude publiée mardi 7 juillet par l’association, qui appelle à pérenniser le dispositif et à le faire respecter.
Dans six villes et agglomérations étudiées où l’encadrement des loyers est en vigueur – Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris – 95 % des annonces dépassent les plafonds autorisés de 234 euros par mois en moyenne, selon cette étude menée par l’association de défense des consommateurs (ex-UFC-Que choisir).
L’association a regardé, entre avril et mai, environ 125 annonces (50 à Paris et 15 dans les autres villes) de studios mesurant jusqu’à 18 mètres carrés, sur les sites SeLoger, Leboncoin, Particulier à particulier et Gens de confiance. Selon l’étude, les propriétaires y appliquent souvent des sommes de complément de loyers « très conséquentes, peu ou pas justifiées ».
« Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. Les règles existent pour protéger ces locataires souvent fragiles, mais elles sont souvent contournées », affirme Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que choisir ensemble, citée dans le communiqué. « L’encadrement des loyers a pourtant prouvé son efficacité : il est urgent de le faire pleinement appliquer et de le pérenniser », ajoute-t-elle.
141 euros d’économie par mois en moyenne à Paris avec l’encadrement
L’encadrement des loyers, dont l’expérimentation est censée prendre fin en novembre, pourrait être prolongé pour deux ans grâce à un texte socialiste amendé et soutenu par le gouvernement. Il permet aux locataires parisiens d’économiser en moyenne 141 euros par mois, selon la Fondation pour le logement des défavorisés de septembre 2025.
D’après Que choisir ensemble, faute d’une place dans les résidences universitaires du Crous, neuf étudiants sur dix se tournent vers un logement privé, et doivent souvent payer des loyers « incompatibles avec leur budget » : 600 euros en moyenne et jusqu’à 984 euros à Paris. Toujours selon l’étude, les aides personnalisées au logement ne couvrent « en moyenne que 43 % du loyer » et le reste à charge pour les étudiants « est excessif ».
Que choisir ensemble alerte aussi sur les tarifs plus élevés qu’ailleurs des coliving, où chaque locataire dispose d’une chambre dans un appartement ou une maison, avec des prestations annexes (salle de sport, abonnement plateformes de streaming…), à cause de frais et charges pour des « services non sollicités ».