Loi d’urgence agricole : dans les Côtes-d’Armor, l’exercice d’équilibriste du député macroniste Eric Bothorel, qui a voté contre le texte
Les travées du marché de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) sont bondées de touristes, vendredi 24 juillet à midi. Le soleil darde entre les étals de charcuterie et de fruits et légumes. Eric Bothorel, en blaser bleu marine et jean, déambule et tente de trouver des visages connus, avant de s’arrêter devant une fromagère : « Alors, vous en pensez quoi de la loi d’urgence agricole ? » « Je n’ai pas trop suivi, mais on n’est pas du tout pour réintroduire des insecticides », tranche la quadragénaire d’un ton sec. « Ça tombe bien, j’ai voté contre », répond le député (apparenté Renaissance) de la 5e circonscription des Côtes-d’Armor.
Après l’adoption de la loi controversée, lundi 20 juillet à l’Assemblée nationale et mardi 21 juillet au Sénat, la disposition autorisant la réintroduction de deux néonicotinoïdes (l’acétamipride et le flupyradifurone) ne passe pas auprès des habitants rencontrés dans cette commune cossue de la Côte de Granit rose.
Le député, qui se dit proche d’Emmanuel Macron, ne décolère pas après la séquence qui a vu le gouvernement laisser voter la dérogation d’utilisation de l’acétamipride – un « passager clandestin » qui n’aurait jamais dû revenir en séance. « C’était une connerie de passer en force », dit-il. Le sexagénaire se dit convaincu qu’« il y a une demande sociétale massive de vigilance sur les pesticides qu’on ne peut balayer d’un revers de la main ».
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