En matière de lutte contre la fraude fiscale, les discours se succèdent mais le constat demeure : faute de moyens suffisants, la volonté politique peine à se traduire en actes. « Malgré dix ans de communication constante sur les multiples plans de lutte contre la fraude initiés par le gouvernement, l’efficacité du contrôle fiscal s’est considérablement dégradée au cours de la dernière décennie », dénonce la députée de Gironde Mathilde Feld (La France insoumise, LFI) dans un rapport présenté en commission des finances de l’Assemblée nationale, mardi 21 juillet. Un diagnostic critique qui rejoint celui, non moins sévère, dressé en 2025 par la Cour des comptes, laquelle estimait que la fraude n’est « ni plus fréquemment ni plus durement sanctionnée qu’il y a dix ans ».
Les chiffres traduiraient, en effet, un « décrochage massif » du contrôle fiscal, selon l’élue. Entre 2015 et 2024, les recettes fiscales réclamées par la direction générale des finances publiques (DGFiP) ont baissé de plus de 1 milliard d’euros (de 21,2 à 20,1 milliards), soit un recul de 5,2 % en euros courants. « Une fois corrigée de l’inflation, la baisse est de l’ordre de 20 % », relève Mathilde Feld. Les sommes effectivement recouvrées par le fisc suivent la même tendance. Elles sont passées de 12,2 à 11,4 milliards d’euros sur la période, soit une baisse de 6,6 %. Dans le même temps, les recettes fiscales totales ont progressé de 44 %.
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