« Ma nudité ne sert à rien », l’étreinte auto-érotique de la cinéaste Marina de Van
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
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Voilà bien un film qui demande à s’inscrire dans une perspective longue. Celle de l’obnubilation de son propre corps, associé au malaise répulsif de certains comportements, qui a depuis toujours occupé l’artiste Marina de Van tant comme scénariste que comme actrice, réalisatrice, ou romancière. Elle trouva dans un moyen-métrage assez mémorable du jeune François Ozon (Regarde la mer, 1997), qu’elle accompagnera un temps dans son parcours, matière à les projeter dans le rôle d’une routarde perverse. Encore avait-elle réalisé à la Femis l’année précédente le court-métrage Bien sous tous rapports, dans lequel elle interprète une jeune fille de bonne famille, dont les parents ont à cœur de lui enseigner l’art de la fellation.
Ses longs-métrages comme réalisatrice – Dans ma peau (2002), Ne te retourne pas (2009), Dark Touch (2013) – ne vont pas particulièrement assainir le tableau. Elle interprète dans le premier une business girl qu’une blessure accidentelle précipite, jusqu’à la défiguration, dans les abîmes exquis de l’automutilation. Le deuxième, exploitant les possibilités transfiguratrices de la technologie numérique, met en scène une jeune écrivaine (Sophie Marceau) souffrant d’un souvenir d’enfance qui la conduit à se transformer en une autre personne (Monica Bellucci). Lynché au Festival de Cannes, ce film pourtant ambitieux passera inaperçu en salle. Le troisième, tourné en Irlande avec une fillette qui transforme les objets en projectiles meurtriers, est une entrée frontale dans le film d’horreur mise au service d’une parabole sur les sévices commis contre les enfants.
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