Manifestations du 31 octobre : le cortège est autorisé à Bordeaux, malgré « des actions violentes » redoutées par la préfecture
Le cortège déclaré samedi à Bordeaux pour la mobilisation du 31 octobre est autorisé, contrairement à la semaine précédente, après des « garanties » de sécurisation offertes par l’intersyndicale, a annoncé vendredi 30 octobre la préfecture, qui anticipe néanmoins une journée « difficile » et « des actions violentes ».
« Le fait de ne pas interdire une manifestation, c’est aussi une manière de dire : “Nous avons vu les organisations syndicales, nous savons qu’elles vont faire tout leur possible pour remettre en œuvre un service d’ordre” », a déclaré lors d’une conférence de presse Marc Zarrouati, préfet délégué pour la défense et la sécurité de la zone sud-ouest.
Le 24 octobre, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, avait interdit toute manifestation dans l’hypercentre de Bordeaux, un arrêté validé par le tribunal administratif, une semaine après la dégradation d’environ 80 commerces, selon les autorités. Cela n’avait pas découragé environ 15 000 manifestants selon la préfecture, 60 000 selon l’intersyndicale.
« Halloween de pillage et de casse »
Cette fois, le parcours déclaré par l’intersyndicale CGT-FSU-FO, s’élançant à 14 heures de la place de la Bourse, ne croise pas la rue Sainte-Catherine. Cette artère, plus longue rue commerçante d’Europe, avait été particulièrement ciblée par des pillages le 17 octobre, en marge du rassemblement, qui avait réuni près de 40 000 personnes, selon la préfecture.
Marc Zarrouati anticipe des « actions violentes voire très violentes de la part de groupes radicalisés à partir de la fin d’après-midi », en raison d’une possible « convergence » entre « groupes de casseurs et pilleurs » participant à la manifestation et d’appels à rassemblement en centre-ville à 20 heures « pour un Halloween de pillage et de casse ».
« Nous nous attendons plutôt à quelque chose qui devrait se rapprocher du 17 octobre que ce qui s’est passé le 24, nous serons extrêmement vigilants et équipés », a-t-il prévenu, promettant un dispositif de forces de l’ordre supérieur à celui déployé le 24 octobre, sans fournir de chiffre. Le RAID et la BRI seront à nouveau mobilisés.
Un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés a été ordonné samedi soir à partir de 20 heures dans le centre-ville de Bordeaux, de même qu’une interdiction de regroupement. Le « dispositif exceptionnel » de quelque 70 000 policiers et gendarmes mis en place le 24 octobre sera reconduit samedi en France, a annoncé le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.