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Marine Le Pen et Edouard Philippe attaquent le programme de LFI, que Jean-Luc Mélenchon doit présenter samedi lors d’un meeting au Bourget

· Politics

La France insoumise (LFI) a publié, vendredi 6 novembre, son programme présidentiel pour 2027, version mise à jour de L’Avenir en commun, forte de plus de 1 000 propositions, avec un accent particulier sur la question écologique. Jean-Luc Mélenchon doit le présenter samedi lors d’un grand meeting au Bourget (Seine-Saint-Denis). Les réactions politiques, notamment à droite et à l’extrême droite, se sont multipliées samedi.

Le programme de LFI « n’est pas un projet pour redresser le pays », mais un « projet de démantèlement de la France », a accusé sur X la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen. « Il pousse jusqu’à son terme la logique de déconstruction engagée par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir », a-t-elle affirmé en établissant une continuité entre l’action du président de la République et le projet de la gauche radicale.

La candidate d’extrême droite critique une « accumulation de mesures dangereuses », du « rétablissement du droit du sol intégral, y compris à Mayotte » au « démantèlement de la BAC [brigades anticriminalité] et [au] désarmement des polices municipales » en passant par une « politique de décroissance » et la « fermeture progressive de nos centrales nucléaires ». Ce « projet qui désarme, qui renonce, qui décroche et qui divise (…) ne prépare pas l’avenir de la France : il organise son affaiblissement et son effacement », assène-t-elle.

Jean-Luc Mélenchon a répondu sur X à la candidate d’extrême droite, remarquant « qu’elle attaque principalement sur l’immigration et la police ». « Pour une autoproclamée “patriote”, elle commence par dire son opposition à une tradition française depuis le XVIe siècle : le droit du sol. Par contre, elle ne parle pas de son refus de la retraite à 60 ans, de la hausse du smic ou du blocage des prix. Le RN c’est presque du Edouard Philippe », a-t-il fustigé, épinglant au passage le candidat du parti Horizons à la présidentielle.

« Vision communautariste » et « économie administrée », dénonce Edouard Philippe

Ce dernier a également réagi à l’annonce du programme de LFI. Si les Français avaient à choisir entre « la droite extrême » de Marine Le Pen et « la gauche radicale », « on aurait les deux durablement », a mis en garde samedi le candidat d’Horizons. « Aujourd’hui, l’élection présidentielle, c’est une polarisation progressive » entre « la candidate de la droite extrême et les candidats de la gauche radicale », où « tout ce qui est perçu comme étant au milieu est sommé d’avoir à choisir entre l’ordre et le chaos », a expliqué Edouard Philippe lors d’une réunion publique à La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Dans cette « opposition » RN-LFI, l’ancien premier ministre a expliqué voir « beaucoup de points communs », notamment « une détestation de la construction européenne » et la volonté de « sortir de l’OTAN ».

Le maire du Havre a ensuite attaqué plus spécifiquement Jean-Luc Mélenchon : « Je ne sais pas si j’ai envie d’une nouvelle France », car « je crois profondément à l’universalisme républicain », a-t-il dit, reprochant au candidat « insoumis » de tenir « des positions qui reposent sur une vision communautariste des choses ».

« On m’a beaucoup critiqué récemment parce que j’avais parlé de Français “issus de l’immigration” », à propos des casseurs ayant agi en marge des manifestations du 17 octobre, a-t-il déclaré. Or, « ce sont des Français » et « nous avons tous (…) les mêmes droits et les mêmes devoirs, quelles que soient nos origines, la couleur de notre peau, la religion que nous souhaitons embrasser ou que nous ne souhaitons pas embrasser », s’est-il défendu.

Il a par ailleurs jugé que Jean-Luc Mélenchon s’inscrivait dans la perspective d’une « économie administrée » : « On voit bien l’idée : vos enfants récupèrent la dette et l’Etat récupère l’héritage. Vos enfants récupèrent la dette et l’Etat récupère votre maison. »