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Marion Siéfert met en scène « Bunker », une expérience théâtrale entre fascination et exaspération

· Culture

« Dans le monde d’aujourd’hui, si tu n’es pas riche, tu ne vis pas. Tu sais, tu as beaucoup de chance de vivre ici. Dehors, c’est irrespirable, même les cailloux ont trop chaud. Et puis, c’est très dangereux. L’humain, ma pauvre… pff, ça n’existe plus l’humain. Y a plus que des ventres, des ventres qui nous coûtent trop cher. » C’est ainsi que Paul, magnat de la pétrochimie, explique l’état de la planète à sa fille, Ami. Tous deux sont réfugiés dans un bunker ultra-sécurisé. Le père s’est fait implanter dans le cerveau une électrode reliée à l’intelligence artificielle (IA) pour être un homme augmenté toujours plus productif. Sa fille adolescente a fait le choix de se murer dans le silence, face à la logorrhée paternelle et à ce monde déshumanisé qu’elle subit.

Bunker, la dernière création de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre, présenté, en juillet, au Festival d’Avignon et désormais en tournée dans toute la France, offre une étrange expérience théâtrale, de celle qui suscite autant de fascination que d’exaspération. Fascination pour cette atmosphère glaçante d’un futur très proche et pour l’interprétation remarquable de Charles-Henri Wolff en PDG paranoïaque et mégalomane (on pense à Elon Musk) et de Lorenzo Lefebvre en neurochirurgien manipulateur et prédicateur inquiétant.

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