Michael Sarnoski, réalisateur de « On l’appelait Robin des bois » : « Je ne démolis pas un héros juste pour le plaisir »
En 2021, le film Pig, avec un Nicolas Cage détonnant en ermite à la recherche de son cochon truffier, a imposé Michael Sarnoski comme un jeune réalisateur prometteur, capable d’insuffler de la singularité dans un univers hollywoodien gagné par les copies sans âme. Après Sans un bruit. Jour 1 (2024), On l’appelait Robin des bois confirme la capacité du cinéaste américain à donner vie à des personnages sombres travaillés par le deuil.
Est-ce difficile de porter des histoires originales à Hollywood ?
Oui, mais j’essaie de faire des choses qui me semblent nécessaires et urgentes. On l’appelait Robin des bois, on l’a fait comme un gros film indépendant, en dehors d’Hollywood. C’était libérateur et amusant à faire. Si on avait essayé de le faire au sein d’un grand studio, ça aurait coûté cinq fois plus cher et ça aurait été un film très différent. Je voulais faire un Robin des bois sombre, exigeant, adulte.
Pourquoi vous être intéressé à la fin de vie de Robin des bois ?
C’était l’un de nos personnages préférés avec mon père, qui est mort quand j’avais 9 ans. Peu après sa disparition, un voisin m’a donné un exemplaire d’un vieux livre qui compilait toutes les aventures de Robin des bois. Ce qui m’a frappé, c’est que l’ouvrage se terminait par l’histoire de sa mort. Pour un enfant, ces personnages folkloriques sont immortels. De lire cette histoire où non seulement il meurt, mais d’une manière si simple, calme, réfléchie, ça m’est resté. Et j’ai eu envie de continuer à explorer ces personnages qui étaient un peu simples. Je ne démolis pas un héros juste pour le plaisir. J’essaie de comprendre cette personne à la fois dans les tréfonds les plus sombres de l’humanité et dans ses aspects les plus transcendants et magnifiques.
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