Chroniques de guerre

Midterms 2026 : après la déroute républicaine, l’Ukraine nourrit le maigre espoir de freiner la dérive américaine en faveur de la Russie

Midterms 2026 : après la déroute républicaine, l’Ukraine nourrit le maigre espoir de freiner la dérive américaine en faveur de la Russie

Quarante-huit heures à peine après la déroute électorale de Donald Trump, mardi 3 novembre, lors des élections américaines de mi-mandat, Kirill Dmitriev, l’homme lige de Vladimir Poutine, était attendu à Washington. Comme pour témoigner d’une bienveillance russe intacte à l’égard du président américain, ce dirigeant de fonds d’investissement devait être reçu, jeudi, par la première dame, Melania Trump. Officiellement, le Russe doit évoquer avec des représentants de l’Ukraine les enjeux humanitaires de la mission menée par l’épouse de Donald Trump après l’évacuation des résidents martyrs de la ville ukrainienne d’Olechky, assiégée durant de long mois.

Mais à Washington, M. Dimitriev, architecte des projets de « deals » énergétiques et financiers russo-américains qui font saliver l’administration Trump, travaillera surtout, en coulisse, à la levée des sanctions américaines visant son fonds, le RIDF, autrefois qualifié par les Etats-Unis de caisse noire du Kremlin. La Russie espère que l’écrasante victoire des démocrates, qui ont emporté la majorité des sièges au Sénat et à la Chambre des représentants, n’est pas de nature à modifier l’attitude du milliardaire, pressé de faire affaire avec Moscou, en passant par pertes et profits le sort de l’Ukraine. La Maison Blanche n’a-t-elle pas rappelé aux Américains cette évidence, mercredi sur X, au sortir du scrutin : « Trump est toujours votre président ! »

Promis à une seconde moitié de mandat de « lame duck » (canard boiteux), privé de majorité au Congrès, Donald Trump est « gravement affaibli politiquement, en perte d’influence et vulnérable », juge Stephen Sestanovich, expert au Council on Foreign Relations et ancien ambassadeur itinérant du département d’Etat pour l’ex-Union soviétique, estimant que les Européens, s’ils manœuvrent habilement, pourraient rétablir un semblant de soutien américain à l’égard de l’Ukraine, ou du moins freiner la dérive en cours.

Après l’annonce, début octobre, d’un « deal » pour acheter à la Russie du diesel, malgré les sanctions américaines contre le pays, puis la menace de stopper la fourniture du renseignement américain à Kiev et l’interruption du réseau internet Starlink du milliardaire trumpiste Elon Musk, crucial pour la ligne de front, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky s’était ému d’une « trahison » des Etats-Unis.

Il vous reste 69.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Vous avez peut-être manqué