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Mobilisation lycéenne : 7 950 gardes à vue depuis le début du mouvement, le blocage se poursuit dans certains établissements

Mobilisation lycéenne : 7 950 gardes à vue depuis le début du mouvement, le blocage se poursuit dans certains établissements

Le blocage de lycées et d’universités en France continuait, mercredi 14 octobre au matin, au lendemain de la cinquième journée de mobilisation des lycéens, dont l’une des organisations appelle à rejoindre le mouvement des « gilets jaunes » le 17 octobre.

Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a déclaré que 96 % des lycées avaient ouvert, mercredi, sans « aucune perturbation recensée » dans les trois quarts des départements. « Il devrait y avoir un peu moins de 200 lycées fermés », sur 3 700, a-t-il détaillé sur BFM-TV, « soit près de 4 % des établissements ». Des établissements sont bloqués à Paris, dont les lycées Voltaire et Hélène-Boucher, ce dernier bloqué par une quarantaine d’élèves, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).

Emmanuel Macron a reconnu, mercredi, que « la jeunesse exprime des angoisses légitimes » mais a déploré que ces angoisses soient « exploitées politiquement et transformées en violences urbaines avec des scènes inacceptables ». Le chef de l’Etat a demandé au gouvernement « d’apporter des réponses concrètes (…) dans les semaines à venir », notamment sur la question du bâti scolaire.

« On n’a eu que des miettes »

Mardi, les manifestants étaient entre 161 500 à travers la France, selon le ministère de l’intérieur, et 480 000 selon l’intersyndicale étudiante et lycéenne, après une précédente mobilisation comptant 266 000 à 450 000 personnes, mardi dernier. Sur le plan judiciaire, 7 950 gardes à vue ont été enregistrées au 13 octobre à 17 heures en marge du mouvement lycéen, dont 85 % concernaient des mineurs, selon un bilan communiqué par la justice. Au total, 2 735 poursuites ont été engagées, dont 2 190 visant des mineurs. Vingt-six personnes ont été placées en détention provisoire, dont neuf mineurs.

« Aujourd’hui est un moment charnière (…), nous rencontrons demain après-midi [les ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur], M. Geffray et M. Baptiste », et « on va voir s’ils vont nous annoncer, une bonne fois pour toutes, des choses concrètes, parce que jusqu’ici, on n’a eu que des miettes », a affirmé, mercredi, sur Franceinfo, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens !.

Les lycéens demandent un investissement massif de 10 milliards d’euros. « Chaque euro investi dans un élève, un étudiant, rapportera à la société, c’est vital », a-t-il plaidé. Le rendez-vous des représentants des lycéens avec les ministres est prévu pour jeudi à 17 h 30.

Dans le Rhône, la préfecture a recensé des rassemblements devant 11 lycées et l’université Lyon-III. Des scènes violentes ont éclaté, mercredi matin, devant le lycée Louis-Armand à Villefranche-sur-Saône, au nord de l’agglomération lyonnaise. Plusieurs individus cagoulés, parmi un groupe de plusieurs dizaines de participants, ont attaqué l’entrée du lycée à coups de bâton, et de l’essence a été répandue devant la loge, selon notre journaliste. L’action a été interrompue par l’intervention de la police.

« On veut que les choses se calment »

Devant le lycée Ampère à Lyon, des policiers ont empêché un blocage dès 6 heures. Une autre intervention policière a été déclenchée dans la matinée, cette fois devant un lycée d’Oullins, au sud de Lyon, où les élèves ont été confinés, après des tirs de mortiers d’artifice et des incendies de poubelles. En tout, 17 établissements scolaires de la région lyonnaise ont été concernés dans la matinée par des blocages ou des incidents. Neuf personnes ont été interpellées pour incendie volontaire, tir de mortier d’artifice ou participation à un attroupement avec le visage dissimulé, selon la préfecture.

A Bordeaux, un feu de poubelles, devant le lycée La Ruche, s’est propagé à la façade et au rez-de-chaussée, selon la police, qui a signalé aussi, au pôle universitaire Jules-Verne d’Amiens, « une soixantaine de personnes » qui ont « forcé l’entrée et se sont barricadées à l’intérieur ».

Les organisateurs du mouvement n’appellent pas à un « acte VI » jeudi, mais l’Union syndicale lycéenne, par la voix de son président, Ryad Rani, a appelé à poursuivre les blocages. « Nous, on sera toujours là, on sera présents sur les blocus », a-t-il dit mardi soir. Il a appelé, comme plusieurs organisations, à rejoindre, samedi, la « grande manifestation » des « gilets jaunes ».

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