Mobilisation lycéenne : des écarts « spectaculaires » d’offre de formation entre les lycées de Seine-Saint-Denis et de Paris
Depuis la mi-septembre, la mobilisation lycéenne, partie de banlieue parisienne, atteste d’une soif d’égalité entre les jeunes, alors que le système éducatif français fait partie de ceux qui compensent le moins les inégalités de naissance. « Le sentiment d’inégalité territoriale exprimé par les lycéens trouve un écho dans les données » sur le système éducatif, commente l’économiste Youssef Souidi, coauteur d’une étude sur l’attractivité des lycées de Seine-Saint-Denis, rendue publique à la mi-octobre.
Réalisée par l’Institut des politiques publiques et commandée par ce département, cette enquête montre que les élèves séquano-dyonisiens ont des choix restreints de lycée public et une offre de formation réduite par rapport aux élèves parisiens.
Selon l’analyse de l’IPP, qui porte sur des données ouvertes sur les lycées publics franciliens, plus d’un jeune sur deux n’a accès en priorité qu’à un lycée de secteur – dit secteur 1 – en Seine-Saint-Denis, quand tous les élèves parisiens peuvent candidater à cinq lycées sur leur zone géographique par le biais de la procédure Affelnet. Seul le secteur de Montreuil propose quatre lycées, dont deux situés à Vincennes (Val-de-Marne), alors que le nord et l’ouest du département du 93 sont particulièrement sous-dotés. « N’avoir qu’un lycée de secteur peut se comprendre dans les territoires peu peuplés, mais c’est plus surprenant dans ce département ultra-urbain », note Youssef Souidi. Les élèves peuvent candidater sur un « secteur 2 » élargi, mais sans être prioritaires.
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