Mobilisation lycéenne : « Il y a des périodes où l’on a une vision négative de la jeunesse, l’ère Macron en est une »
Jean-Jacques Yvorel est historien, spécialiste de la justice et de la délinquance des mineurs, et président de l’Association d’histoire de la protection judiciaire de la jeunesse (AHPJM). Il explique, notamment, qu’il existe une constante sur la manière de disqualifier les revendications des jeunes et de traiter les enfants comme des adultes lors des mouvements de révolte.
Le gouvernement a tardé à prendre la mesure de l’ampleur du mouvement lycéen, l’a-t-il sous-estimé ?
Bien souvent, la présence de jeunes est utilisée pour disqualifier un mouvement social… Quand il est composé uniquement de jeunes, il est encore plus facilement balayé d’un revers de main. Les arguments sont connus : les convictions ou l’engagement ne sont pas valables, ce serait un prétexte pour s’amuser. L’autre grand argument c’est que les jeunes seraient manipulés. Dans l’étude des mouvements lycéens, les archives montrent que ce n’est pas vrai. Quant aux revendications, celles des jeunes ne sont jamais assez « structurées ». C’est un argument surprenant, les revendications des adultes ne le sont pas plus, si l’on pense à celles des « gilets jaunes »… Demander d’avoir un enseignant, de ne pas se prendre le plafond sur la tête, sont des revendications entendables. Ce reproche de ne pas être clair, tous les mouvements de revendication de la jeunesse l’essuient.
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