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Mort de Cédric Chouviat : le procès des policiers mis en cause pour homicide involontaire renvoyé à juin 2027

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Le tribunal correctionnel de Paris a renvoyé à juin 2027 le procès de trois policiers jugés pour l’homicide involontaire de Cédric Chouviat à la suite d’un contrôle routier, lundi 26 octobre, avec trois jours d’audience programmés.

Plus tôt, les avocats des deux parties avaient dénoncé à l’unisson un temps d’audience insuffisant – une journée et demie – au regard de la demande des avocats de la famille de plaider l’« incompétence » du tribunal. Les faits, selon eux, sont de nature criminelle et relèvent donc de la cour d’assises. La défense, qui affirme ne pas avoir eu le temps de suffisamment étudier leurs conclusions, avait demandé le renvoi.

Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, livreur âgé de 42 ans, se fait contrôler par quatre policiers alors qu’il circulait en scooter, téléphone à la main, dans le 7e arrondissement de Paris. Très vite, le ton est monté et la situation s’est envenimée : sur la vidéo qu’il a lui-même filmée lors de son interpellation, le père de famille, plaqué au sol sur le ventre, casque sur la tête, a répété à neuf reprises « j’étouffe » pendant treize secondes, sans être entendu par les policiers. D’abord verbalisé, le livreur, très remonté, traitait les policiers de « clowns » et de « pauvres types », avant d’être arrêté pour « outrage ». « Je vais porter plainte contre vous », répétait-il, et « je vais gagner mon procès ».

La défense des policiers évoque « une interpellation difficile »

L’un des principaux prévenus, Michaël P., alors âgé de 33 ans, l’a amené au sol après une clé d’étranglement, une technique depuis prohibée. Son souvenir de l’interpellation est « flou », selon l’ordonnance de renvoi devant le tribunal consultée par l’Agence France-Presse (AFP). « On était dans une position tordue. Dans mon souvenir, j’ai passé mon avant-bras droit sous le casque (…) J’ai fait attention à ne pas exercer une pression trop forte sur lui. »

Le malaise de Cédric Chouviat, constaté par ses deux collègues après son menottage au sol, l’a plongé dans un état de « sidération », affirme-t-il. Tous assurent ne pas avoir entendu ses supplications, qui rappellent la mort de George Floyd, un Afro-Américain étouffé par un policier en mai 2020 à Minneapolis, devenue un symbole des violences policières. La mort de M. Chouviat est constatée le 5 janvier 2020 à 3 h 31 à l’hôpital européen Georges-Pompidou, où il avait été transporté en urgence vitale.

Les policiers « ont agi dans le cadre d’une interpellation difficile sur un axe de grande circulation », précise à l’AFP Pauline Ragot, l’une des avocates de deux des policiers mis en cause, Michaël P. et Arnaud B. Cette interpellation était « légitime », selon elle. « A aucun moment, ils n’ont pu percevoir sa détresse physique ; à défaut, le policier qui tentait de le maîtriser aurait évidemment relâché sa prise », fait-elle valoir.

« Je mourrai avec » une colère envers ces individus

A l’inverse, la Défenseure des droits avait estimé, dans une décision rendue publique en avril 2026, que les policiers avaient eu un « comportement non adapté, négligent et imprudent ». Les avocats de la famille du livreur contestent le chef de renvoi d’homicide involontaire, qualifié d’« hérésie juridique » par Arié Alimi, l’un des trois avocats de la famille. Comment considérer qu’« étrangler debout, étrangler au sol (…) l’entendre dire “Je m’étouffe, je m’étouffe”, continuer à l’étouffer et à l’écraser… c’est quelque chose qui n’est pas volontaire ? », s’est-il interrogé.

« Les parties civiles ont déjà multiplié les incidents [demandes procédurales] (…) pour soulever l’incompétence du tribunal et tenter de monopoliser le débat judiciaire en muselant la défense des policiers », a estimé de son côté Laurent-Franck Liénard, l’avocat d’un des principaux mis en cause, qui compte également demander le renvoi de l’audience « afin que chacun puisse sereinement s’exprimer ». Les avocats de la famille comme ceux de la défense estiment à l’unisson que la durée des débats, prévus sur deux demi-journées, est largement insuffisante.

« J’ai une colère envers ces quatre individus [trois des quatre policiers sur place sont poursuivis]. Elle n’engage que moi et elle ne s’arrêtera jamais. Et je mourrai avec », a prévenu Christian Chouviat, père de Cédric. Les violences policières se sont reproduites « encore et encore » depuis la mort du livreur, selon sa fille, Sofia Chouviat, qui espère faire de cette affaire un « symbole de réconciliation ».