Mort de Federico Martin Aramburu : « Je n’ai jamais voulu tuer, jamais. C’était un tir de dissuasion », affirme Romain Bouvier
« Masculinité toxique », épisode 2. Après Loïk Le Priol, le tour de Romain Bouvier est venu de se confronter publiquement à l’homme qu’il était, le matin du 19 mars 2022, lorsqu’il a tiré quatre balles dont deux ont atteint l’ex-international de rugby argentin, Federico Martin Aramburu, le blessant à la cuisse et au thorax. Mardi 22 septembre, il se lève pour répondre à son interrogatoire devant la cour d’assises de Paris qui le juge pour tentative d’assassinat.
Comme Loïk Le Priol, Romain Bouvier conteste la qualification du crime dont il est accusé. Son acte, assure-t-il, n’était ni prémédité, ni intentionnel. « Je n’ai jamais voulu tuer Monsieur Aramburu, jamais. » Comme Loïk Le Priol, il arrive à son procès lesté d’une précédente condamnation – trois ans d’emprisonnement ferme – à la suite de l’expédition punitive qu’ils ont menée ensemble en 2015 contre un ancien responsable du groupuscule d’extrême droite Groupe Union Défense. Et, lorsque en préambule de son interrogatoire sur les faits du 19 mars 2022, il déclare : « Ma vie depuis quatre ans n’est que regrets et remords », le président de la cour Franck Zientara lui réplique sèchement : « D’autres juges ont déjà entendu les mêmes mots il y a quelques années. »
Alors, comme Loïk Le Priol, Romain Bouvier, 35 ans aujourd’hui, doit d’abord rembobiner sa vie pour expliquer pourquoi, ce 19 mars 2022, il portait une arme chargée sur lui. Sur l’écran de la salle d’audience s’affichent des vidéos et des photos retrouvées dans son ordinateur. Des armes, beaucoup d’armes, « toujours de collection », précise-t-il, parfois exposées à proximité d’une paire d’escarpins. Des photos de groupes de militaires, dont certains en uniforme allemand.
On le voit aussi, toujours aux côtés de celui qui était alors son « meilleur ami », « le frère [qu’il n’avait] jamais eu », dans la salle de bains d’une chambre d’hôtel : Loïk Le Priol a glissé une arme dans la ceinture de son peignoir blanc, Romain Bouvier, lui aussi en peignoir, pointe la sienne vers le miroir. Ils rigolent. Une vidéo le montre avec un fusil-mitrailleur, s’entraînant au tir dans le sous-sol d’une propriété, là encore rigolard. « C’est affligeant, commente-t-il. Je faisais cette vidéo de connard pour l’envoyer à d’autres connards. »
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