Mort de Lyhanna : de nouveaux rassemblements devant le ministère de la justice et les tribunaux prévus lundi soir
A la suite de la mort de Lyhanna, de nouveaux rassemblements vont avoir lieu, dans la soirée, lundi 15 juin, devant les tribunaux en France et devant le ministère de la justice, à Paris. Les rassemblements sont organisés à l’appel d’une coalition féministe, qui regroupe quelque 150 associations et syndicats. Celle-ci prévoit aussi une manifestation à Paris, samedi.
« Nous exigeons une loi intégrale, avec des moyens, pour permettre aux professionnels de l’appliquer sur le terrain », a commenté auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Solène Podevin, présidente de Face à l’inceste, une des associations mobilisées. « La mobilisation continuera tant que l’examen de cette loi ne sera pas intégré à l’agenda » parlementaire.
Une proposition de loi « intégrale », comprenant 79 articles, avait été déposée en fin d’année 2025 et cosignée par une centaine de députés de gauche et de la coalition gouvernementale. Mais elle n’a jamais été examinée, malgré des mesures proposées couvrant divers domaines (justice, police, protection des enfants, santé, travail, etc.). Une pétition en ligne réclamant son entrée en vigueur rassemblait, lundi, près de 300 000 signatures.
Des moyens supplémentaires « là ou là »
« Plutôt que de faire des lois réactives au coup par coup, on doit faire comme l’Espagne l’a fait en 2004 : une loi intégrale qui traite un problème systémique de façon systémique », a insisté auprès de l’AFP Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes.
Lundi 8 juin déjà, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés en fin de journée dans des dizaines de villes de France et devant la chancellerie, à Paris, mettant en cause la justice dans la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, et le traitement des violences sexuelles.
Les révélations concernant les signalements et les plaintes pour viols sur mineures qui visaient le suspect dans la mort de Lyhanna ont suscité une vive émotion et relancé les interrogations sur les défaillances du système.
Le gouvernement a proposé, pour l’heure, d’intégrer quelques mesures supplémentaires – allongement des peines pour les violeurs en série sur mineur, délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête concernant les crimes sur enfants… – au projet de loi sur la protection des enfants, qui sera examiné au Parlement le 15 juillet.
Emmanuel Macron, a, par ailleurs, assuré, lundi, que des moyens supplémentaires pour la justice ou les enquêteurs seraient déployés « là ou là », si nécessaire, afin de mieux lutter contre les violences sur les enfants, appelant à agir « avec méthode ».