Mort de Lyhanna : les députés partisans d’une « loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles » estiment que Sébastien Lecornu « a pris la mesure de la situation »
Les députés partisans d’une proposition de loi transpartisane et intégrale « visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants » ont salué, lundi 15 juin, un premier ministre qui a « pris la mesure » du problème, mais ont prévenu qu’ils ne voulaient pas d’un texte « à la découpe ».
Sébastien Lecornu « a pris la mesure de la situation et la mesure des attentes exprimées », a salué la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, à l’origine de la proposition de loi, entourée de collègues MoDem, Les Républicains, Renaissance, Ecologistes et communistes.
Ils s’exprimaient à l’issue d’une réunion avec le chef du gouvernement à Matignon, organisée en réponse à l’immense émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans, marquée par des dysfonctionnements judiciaires. Les députés reverront le premier ministre après le 14 juillet, une fois que le Conseil d’Etat aura formulé son avis sur le texte. En attendant, ils rencontreront chacun des ministres concernés.
Un texte dont le coût est chiffré à 3 milliards d’euros
Autour de Sébastien Lecornu, sept ministres étaient présents (intérieur, travail, éducation, justice, santé, relations avec le Parlement, égalité femmes-hommes). « Un point positif », car « cela permet de dessiner une politique publique en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants », a insisté Mme Thiébault-Martinez.
Le chef du gouvernement a aussi dit que « les moyens, pour lui, ne ser[aie]nt pas un obstacle », selon la députée, alors que le coût de ce texte est chiffré à un peu moins de 3 milliards d’euros, mais il a demandé à ses ministres « une étude d’impact des mesures ». Certaines pourraient ainsi être « incluses » dans le projet de loi sur la protection des enfants, qui doit revenir enrichi au Parlement après la mi-juillet, et les députés seront « associés » aux décisions sur d’éventuelles mesures réglementaires.
Pour autant, a prévenu la députée macroniste Julie Delpech, « on a été très clairs sur le fait que ce n’est pas un texte à la découpe » et « ça n’enlève rien au combat sur la [proposition de] loi intégrale » qui pourrait être examinée par le Parlement « à l’automne ».
Lundi, lors d’un entretien sur TF1, Emmanuel Macron a, par ailleurs, assuré que des moyens supplémentaires pour la justice et les enquêteurs seraient déployés « là ou là », si nécessaire, pour mieux lutter contre les violences faites aux enfants, appelant à agir « avec méthode ». Le chef de l’Etat a également rendu hommage à « nos policiers, nos gendarmes, nos services enquêteurs, nos magistrats, [qui] chaque jour se battent aux côtés des associations pour qu’on éradique ces violences et pour qu’on protège nos enfants ».