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Mort d’un manifestant le 17 octobre à Paris : l’autopsie conclut à « une défaillance cardiorespiratoire aiguë » ; la famille dénonce l’usage de gaz lacrymogène

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L’autopsie de Christophe M., l’homme de 59 ans mort en marge de la manifestation du 17 octobre à Paris, a conclu à « une défaillance cardiorespiratoire aiguë », a déclaré, mardi 27 octobre, le parquet, sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), la famille pointant l’usage de gaz lacrymogène.

Le parquet a précisé qu’une information judiciaire, procédure permettant la saisine d’un juge d’instruction pour mener les investigations, avait été ouverte mardi « en recherche des causes de la mort », « des analyses complémentaires à l’autopsie ayant été sollicitées par le médecin légiste ».

L’autopsie a conclu à « une défaillance cardiorespiratoire aiguë sur un terrain de cardiopathie et à l’absence de lésion de prise, de défense ou de maintien », a détaillé le parquet.

« Nous sommes très étonnés, et même choqués, d’apprendre par voie de presse les résultats de l’autopsie. Jusqu’au bout le silence a été la seule réponse des autorités judiciaires à la famille de Christophe », a réagi auprès de l’AFP son avocat, Me Youri Krassoulia.

« Ces conclusions, alliées à l’ouverture d’une information judiciaire, démontrent qu’il est envisageable que Christophe ait pu succomber suite à l’usage de gaz lacrymogène. Toute la lumière devra être faite sur les conditions du décès de Christophe. Sa famille mérite d’avoir la vérité, sa famille mérite d’avoir la justice », a-t-il ajouté.

« Sans problème cardiaque »

Le parquet de Paris avait déjà ouvert précédemment une enquête préliminaire en recherche des causes de la mort. Me Krassoulia avait demandé, le 22 octobre, que les résultats de l’autopsie soient transmis à la famille « au plus vite » en expliquant que Christophe M. était un intermittent du spectacle « sans problème cardiaque ».

« Les investigations [couvertes par le secret] se poursuivent désormais sous la direction d’un magistrat instructeur et la famille du défunt a donc, par l’intermédiaire de son conseil, accès à l’ensemble de la procédure », a précisé, mardi, le parquet de Paris.

Lundi, Me Krassoulia a déposé plainte contre les forces de l’ordre, au nom de la compagne de Christophe M., depuis 26 ans, pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il a justifié cette décision par « l’impossibilité d’obtenir les conclusions de l’autopsie, effectuée vendredi ».

Christophe M. est décédé rue du Château-d’Eau, une artère qui part de la place de la République, alors qu’il était venu participer à la manifestation parisienne. Dans la plainte avec constitution de partie civile que l’AFP a pu consulter, Me Krassoulia explique que, le 17 octobre, Christophe a été exposé à « des gaz lacrymogènes de manière massive » alors que la place de la République était le théâtre d’affrontements entre manifestants et policiers. Peu après, « il exprimait des douleurs, un mal-être » puis « perdait connaissance à 18 h 05 ». Il était déclaré mort à 18 h 56.