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Morts au travail : entre lenteurs de la justice et bévues administratives, des proches de victimes dénoncent une maltraitance institutionnelle

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Plus de trois ans après, la douleur est encore vive. Le 30 juin 2023, Alexandre, le fils d’Isabelle et Pierre Garnier, est mort dans une scierie de l’entreprise Alpes Energies Bois. Il avait 33 ans. La PME devait être jugée pour homicide involontaire le 4 juin, après trois ans d’une procédure interminable. Mais le commissaire de justice n’a pas informé à temps l’employeur et son avocat de la date du procès, entraînant un report de l’audience… à mars 2027. Neuf mois de plus à attendre.

Dans le jardin de leur maison perchée à flanc de montagne sur les hauteurs de Grenoble, à Saint-Jean-le-Vieux (Isère), les parents racontent, outre l’épreuve du deuil, une succession de bévues administratives et de rapports difficiles avec la gendarmerie, la justice, les acteurs financiers. Une forme de maltraitance institutionnelle rencontrée par de nombreuses familles.

En 2025, selon les derniers chiffres publiés par l’Assurance-maladie, 1 331 décès ont été reconnus au titre d’un accident du travail, de trajet ou d’une maladie professionnelle, soit 34 de plus qu’en 2024. Avec 783 accidents mortels, la France affiche un bilan catastrophique, en augmentation constante depuis 2020.

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