« Moulin », de Laszlo Nemes : les derniers jours d’un résistant
L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
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Des nombreux films qui traitent cette année de la seconde guerre mondiale, Moulin se démarque par son parti pris resserré. Plutôt que de proposer un biopic du chef de la résistance française intérieure, le réalisateur hongrois Laszlo Nemes et son scénariste Olivier Demangel ont choisi de se concentrer sur les quelques mois séparant son retour de Londres, en mars 1943, de son passage dans les mains de la Gestapo, à partir de son arrestation à Caluire-et-Cuire, près de Lyon, en juin 1943. L’idée est donc moins de dessiner une trajectoire ou de livrer une grande leçon d’histoire que de faire le portrait d’un homme saisi dans un moment exceptionnel.
La première partie est plutôt séduisante. Moulin s’ouvre comme un élégant film d’espionnage où le personnage interprété par Gilles Lellouche travaille à unir la résistance intérieure et à préserver sa couverture. Multipliant les rendez-vous clandestins – dans un climat de paranoïa que renforce la mise en scène –, il semble comme pris au piège de ses masques, ne plus bien savoir qui il est vraiment et sur qui il peut compter. Sa relation naissante avec la comtesse de Forez (Louise Bourgoin) est ainsi empreinte de méfiance.
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