Pour son retour devant les députés, mardi 6 octobre, après dix semaines de vacances parlementaires, le gouvernement, acculé par l’ampleur de la mobilisation lycéenne (entre 266 000, selon le ministère de l’intérieur, et 450 000, selon les organisateurs, manifestants dans toute la France), a défendu son déploiement d’un important dispositif policier et ciblé La France insoumise (LFI). Alors que les violences aux abords des lycées ont fait depuis la mi-septembre 85 blessés parmi les personnels éducatifs, 215 blessés chez les élèves et plus de 700 parmi les forces de l’ordre, Sébastien Lecornu a pris la parole, pour la première fois depuis le début de cette crise sociale, inédite à six mois d’une élection présidentielle.
Dès le matin, au Palais-Bourbon, la gauche est montée au créneau. Devant la presse, les députés « insoumis », socialistes, communistes et écologistes ont, chacun leur tour, exigé la démission du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. « Nous vivons un moment de bascule qui bouleverse la nature de notre régime démocratique. Des armes de guerre sont utilisées contre des enfants ! », a fustigé le député écologiste Benjamin Lucas. Même tonalité chez le président du groupe communiste, Stéphane Peu, qui a dénoncé une répression policière pouvant être qualifiée de « violence d’Etat ». Tandis que l’élu du Rassemblement national Sébastien Chenu comparait le gouvernement, qui n’a « rien anticipé, rien vu venir, rien préparé, rien prévu », à « un lapin pris dans les phares d’une voiture ».
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