Ce lundi matin, 19 octobre, à la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, quand Amine Oualane, accompagné de quatre colosses en armes et tous cagoulés, est entré dans le box des accusés, un silence s’est installé. Et immédiatement une tension. Il est resté debout et a fixé son regard droit devant. Face à lui, de l’autre côté de la salle d’audience, assis sur le banc des parties civiles, Amine Kessaci se tient aux côtés de sa mère, entouré de ses quatre gardes du corps. Les deux hommes se sont regardés fixement, pendant de longues secondes. Puis, la cour est entrée et l’audience a commencé.
Considéré comme un des principaux leaders de la DZ Mafia, Amine Oualane, dit « Mamine », est soupçonné, avec quatre autres accusés, d’avoir organisé et participé en décembre 2020 à un triple assassinat commis dans des conditions particulièrement macabres. Parmi les trois victimes, Brahim Chabane, 22 ans à l’époque, trafiquant connu des services de police, était le demi-frère d’Amine Kessaci. Des accusations qu’il conteste.
Il est 19 heures quand le militant marseillais de la lutte contre le narcotrafic sort de la salle de la cour d’assises et se place devant un bouquet de micros : « Ça a été une journée éprouvante (…). Il s’est passé des choses. Il y a eu un moment dans la surenchère de la violence et de la menace. Mais je ne reviendrai pas dessus », déclare Amine Kessaci. Deux heures auparavant, son avocat, Pierre-Olivier Sur a demandé une suspension du procès et une réunion exceptionnelle de toutes les parties : la cour, les avocats de la défense et ceux des parties civiles.
Menace de mort explicite
Le sujet de cette convocation est resté confidentiel, mais à ce moment-là, tous les journalistes présents savent qu’il veut évoquer un geste que venait d’esquisser de la main, Amine Oualane et qui a été interprété par tout le clan Kessaci comme une menace de mort explicite. « On aurait pu faire partir en vrille cette audience en révélant publiquement ce qui s’est passé, mais notre but est justement de faire en sorte que ce procès puisse aller jusqu’à son terme dans de bonnes conditions », confie Me Sur, pour justifier la confidentialité de cette réunion.
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