Parcours de la manifestation du 24 octobre à Paris : l’intersyndicale maintient le parcours entre Bastille et Nation malgré l’interdiction
La Préfecture de police de Paris a interdit, vendredi 23 octobre, après-midi le parcours de la manifestation négocié la veille avec les syndicats pour samedi entre les places de la Bastille et de la Nation, et a proposé un autre parcours, refusé par l’intersyndicale.
Selon l’arrêté publié dans la soirée que les organisateurs entendent contester en justice, ce parcours, négocié par des représentants de l’Union départementale (UD) de Paris de la CGT, « est interdit ». « Néanmoins, la manifestation pourra se tenir le 24 octobre de 13 heures à 19 heures de la porte d’Italie jusqu’à la porte de Vincennes en passant par les boulevards des Maréchaux », en lisière de la capitale, détaille le texte de la Préfecture.
L’intersyndicale d’Ile-de-France – qui organise la manifestation –, comprenant les branches Ile-de-France de la CGT, la CFDT, FO, la FSU et Solidaires et les principales organisations de jeunesse (FAGE, Union étudiante, UNEF, USL) a affirmé dans un communiqué refuser cette demande « inacceptable ». L’itinéraire proposé par la Préfecture est « impossible à sécuriser », affirme à l’Agence France-Presse (AFP) le cosecrétaire général de la CGT de Paris, Karl Ghazi.
Dans la soirée, M. Ghazi a déclaré que la CGT avait « contesté l’arrêté devant le tribunal administratif », une information confirmée par l’organisation étudiante FAGE. Les organisations de l’intersyndicale affirment dans leur communiqué qu’elles « iron[t] à Bastille comme prévu ».
Un « revirement de dernière minute » de la Préfecture
Le parcours entre Bastille et Nation avait été arrêté jeudi « après deux longues réunions consacrées à la sécurisation du cortège et aux conditions nécessaires au bon déroulement d’une manifestation pacifique », soulignent-elles. Elles fustigent un « revirement de dernière minute » de la Préfecture qui « fragilise les conditions de sécurité de la manifestation ».
Pour la présidente de l’organisation étudiante la FAGE, Suzanne Nijdam, « l’ensemble de l’intersyndicale est d’accord pour dire qu’on ne cautionnera pas un parcours dangereux pour la sécurité des manifestants ».
« Cela fait une semaine qu’on travaille à une sécurisation de parcours justement pour s’assurer que tout se passe au mieux pour ce samedi, et donc, c’est pour nous très irrespectueux que de demander en dernière minute, comme ça, un changement », estime-t-elle.
Benjamin Ball, de la coordination des « gilets jaunes » et animateur du site 17octobregiletjaune.net, a déclaré à l’AFP : « Nous refusons de céder au gouvernement qui fait n’importe quoi. » Le gouvernement « perdra en référé au tribunal administratif », a-t-il estimé.
Jeudi, la Préfecture de police avait interdit un autre parcours du collectif étudiant Interfac et de « gilets jaunes », entre Bastille et Opéra.