Partir en vacances avec un handicap, une difficile quête de lieux adaptés : « Improviser, c’est compliqué »
Comment s’assurer, quand on loue un gîte, qu’on pourra bien y accéder en fauteuil roulant ? Ce parc de loisirs est-il adapté aux personnes avec un handicap mental ? Peut-on aller aux toilettes dans ce restaurant ? Comment faire face aux coûts du séjour ? Le handicap, qui nécessite de s’adapter au quotidien, peut vite devenir un obstacle quand on part en vacances. Selon une étude de la Drees, le service statistique du ministère de la santé, 44 % des 16-64 ans en situation de handicap ne sont pas en mesure de partir en vacances une semaine dans l’année, contre 20 % des personnes en général. Alors que la France est la première destination touristique mondiale, les lieux qui leur sont accessibles sont encore peu nombreux et difficiles à repérer.
Il existe pourtant un label officiel, Tourisme et handicap. Créé en 2021 par une association et cogéré depuis 2024 par Atout France, il se présente sous la forme d’une maison stylisée sur fond bleu, avec quatre pictogrammes figurant les types de handicap, moteur, visuel, auditif ou mental. Il faut au moins satisfaire deux catégories pour l’obtenir – 70 % ont les quatre. « Les professionnels pensent souvent aux fauteuils roulants et disent qu’ils sont accessibles, mais cela reste déclaratif, et ils oublient souvent les handicaps invisibles. C’est important d’être égalitaire », justifie Annette Masson, présidente de l’association Tourisme & handicaps.
Le label est délivré à environ 4 000 sites. La moitié sont des hébergements (30 % privés, 19 % collectifs), le reste est constitué d’offices de tourisme (17 %), de lieux de visite (16 %) ou de loisirs (13 %) et de restaurants (5 %). Mais il souffre d’un déficit de notoriété : selon une étude sur le parcours d’achat des clientèles touristiques avec un handicap publiée en 2025, 64 % des personnes interrogées et 42 % de leurs aidants n’en avaient jamais entendu parler.
« Il y a un vrai business »
Ce questionnaire souligne plus globalement leur besoin d’informations fiables sur les sites Internet des prestataires. Mme Masson déplore l’absence d’un site Internet national sur l’accessibilité touristique, comme le font le Royaume-Uni ou le Japon. Selon cette observatrice de longue date, la situation s’est améliorée en vingt-cinq ans, mais « on est au milieu du gué » : « Beaucoup de choses ont avancé dans les transports, les lieux de loisirs, les monuments. Là où nous sommes le plus déçus, c’est au niveau des hôteliers et des restaurateurs. Pourtant, il y a un vrai business, ce n’est pas une démarche sociale : l’accessibilité apporte du chiffre d’affaires. »
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