Pierre Arditi atteint la perfection dans « Le Père » de Florian Zeller
Que se passe-t-il dans la tête de Pierre Arditi lorsque l’acteur salue le public qui l’ovationne debout dans la salle ? Dans son regard inquiet semble subsister l’effroi de son personnage, André, 80 ans, qui réclame sa « maman » depuis l’institution médicale où a dû le placer sa fille Anne. La séquence est bouleversante. Le Père, pièce renommée (et même oscarisée) de Florian Zeller, est mise en scène par son créateur au Théâtre Edouard-VII, à Paris.
Interprété pour la première fois en 2012 par Robert Hirsch, adapté au cinéma en 2020 avec Anthony Hopkins, le rôle du vieil homme frappé par la maladie d’Alzheimer n’attendait que Pierre Arditi pour regagner le firmament de l’incarnation. Molière du meilleur comédien pour Hirsch, Oscar du meilleur acteur pour Hopkins : l’impuissance de l’octogénaire face à son irrémédiable sénilité pousse les interprètes vers l’excellence. Arditi ne fait pas exception. Lui d’habitude si glorieux, imposant et cabot au théâtre, s’expose ici dans un état de fragilité sidérante. Il démarre la représentation dans la peau d’un mélomane bourgeois écoutant du classique dans son grand appartement, et la termine vêtu d’un pyjama bleu dans une chambre d’Ehpad.
Il vous reste 67.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.