Pour l’opération artistique « Un été au Havre », un iceberg et des coraux géants apparaissent dans la ville
Interrogé en 2017 par Le Monde, Edouard Philippe, qui n’était alors pas encore premier ministre, livrait cette réflexion sur la ville de Seine-Maritime dont il est le maire : les Havrais, qui longtemps n’aimèrent pas l’architecture d’Auguste Perret, changèrent de regard lorsqu’elle fut classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, en 2005. D’où l’idée, déjà commencée par son prédécesseur Antoine Rufenacht, d’y introduire l’art contemporain qui alors manquait. Ce fut sous le mandat de ce dernier (1995-2010) une biennale, puis, à l’occasion du 500e anniversaire de la fondation de la cité par François Ier, l’opération « Un été au Havre ».
D’abord confié, jusqu’en 2022, à Jean Blaise, dont l’activisme avait déjà permis de modifier la perception d’un autre estuaire, celui de Nantes à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, le relais du commissariat de ces expositions a été pris par Gaël Charbau dont c’est cette année le dernier mandat. Lui succédera David Moinard, formé à Nantes à l’école de Jean Blaise. Dès les débuts, l’enjeu était, pour les artistes invités, de se confronter à l’échelle colossale du port et à la trame géométrique orthogonale d’Auguste Perret. Pari réussi avec des créations comme la Catène de containers de Vincent Ganivet, sur le quai Southampton, devenue ce que les marins nomment un « amer », un point de repère, et aussi l’emblème possible de l’histoire navale de la cité : malgré sa radicalité, l’œuvre a été immédiatement adoptée par les habitants.
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