En trois années d’instruction, il n’a exprimé aucun regret. Que ce soit devant les juges antiterroristes ou les experts psychologues, Mohammed Mogouchkov s’est arc-bouté sur une revendication totale et exaltée du meurtre de son ancien professeur Dominique Bernard, le 13 octobre 2023, à Arras (Pas-de-Calais). « Je déplore qu’il soit mort en état d’ingratitude suprême (…), en tant que mécréant qui renie son créateur. Mais je n’ai pas à regretter l’action que j’ai faite », a encore assumé l’homme de nationalité russe, 23 ans aujourd’hui, lors de son ultime interrogatoire en janvier.
Mercredi 4 novembre, Mohammed Mogouchkov a été renvoyé devant la cour d’assises spécialement composée pour être jugé pour son implication dans cet attentat djihadiste qui a endeuillé l’éducation nationale, trois ans après l’assassinat de Samuel Paty. Dans leur ordonnance de mise en accusation, dont Le Monde a pris connaissance, les trois magistrats instructeurs concluent, au terme de leurs investigations, que l’attaque fut le fruit « d’une minutieuse préparation », marquée par une volonté de l’auteur de « manifester sa haine du mode de vie occidental en général, et de l’école en particulier, qualifiée par ses soins de “fabrique à apostat” ».
Il vous reste 81.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.