Propreté à Paris : les « points noirs », réceptacles de la complexité de la ville et des incivilités des habitants
La nature a horreur du vide et le Parisien également. « Dès qu’il y a un espace public, mais que l’on ne comprend pas que c’est public ou bien délaissé, les encombrants y sont abandonnés, c’est une question d’appartenance » : ces mots sont ceux d’un responsable d’équipe de propreté de la capitale, cité dans Points noirs. Anomalies récurrentes de propreté, une étude captivante éditée par le Pavillon de l’Arsenal en 2023. Réalisé avec les services propreté de la ville et mené par trois architectes, ce travail a été remis en avant par la Mairie de Paris, qui compte s’appuyer dessus pour éradiquer les lieux de saleté récalcitrants dans les rues, ou « points noirs ».
S’il existe depuis vingt ans un service d’enlèvement des encombrants à la demande, gratuit et efficace, force est de constater que les incivilités persistent. En 2019, sur 106 124 tonnes d’encombrants ramassés, un tiers relevait de dépôts sauvages (34 596 tonnes). Un phénomène qui s’est aggravé avec le développement du mobilier bas de gamme, la réduction de la durée de vie des appareils électroménagers et l’évolution générale des modes de consommation. Il devient, au fil des ans, de plus en plus difficile à endiguer.
Il vous reste 82.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.