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Protection de l’enfance : Emmanuel Macron promet le financement de sept nouveaux centres de soins

Protection de l’enfance : Emmanuel Macron promet le financement de sept nouveaux centres de soins

En 2027, la Sécurité sociale financera l’ouverture de sept nouveaux centres de soins dédiés aux enfants violentés par leur famille et confiés à l’aide sociale à l’enfance, sur le modèle d’Asterya, pionnier à Paris, a annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, mardi 21 juillet.

Première structure du genre en France, le centre Asterya – qu’Emmanuel Macron a visité mardi avec la ministre de la santé, Stéphanie Rist, la haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, et le maire de Paris, Emmanuel Grégoire –, adossé à l’hôpital Necker, propose des bilans puis une prise en charge pluridisciplinaire de long cours (pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens…) à des enfants violentés, victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques.

Le budget de la Sécurité sociale comprendra une enveloppe de 38 millions d’euros pour « sécuriser » l’ouverture de sept centres portés par l’association Im’pactes, notamment à Bordeaux (où la construction est lancée), à Lille, à Strasbourg, à Marseille, à Toulouse ou à La Réunion. Cela financera « les dépenses d’investissement », le fonctionnement quotidien étant financé par l’Assurance-maladie au titre des soins en hôpital de jour, a précisé l’Elysée.

« Dans ma tête, ce n’est plus flou, j’arrive à retrouver un peu de lumière »

En l’absence de soins, ces enfants « risquent de perdre vingt ans d’espérance de vie. Ils présentent des traumas complexes pédiatriques très sévères et des maladies somatiques (…) : diabète, maladies de peau, respiratoires et à l’âge adulte, des maladies cardio-vasculaires, des risques d’AVC bien plus importants », a expliqué Céline Gréco, présidente d’Im’pactes, à l’origine du projet et médecin à l’hôpital Necker.

Tous présentent un « retard du langage », conduisant souvent à « des difficultés d’apprentissage », a-t-elle affirmé. Ils « sont très abîmés » : certains à 3 ans « souffrent de troubles dissociatifs » de l’identité, d’autres à 7 ans « veulent se suicider », a-t-elle déploré. L’association « apporte tout ce qui n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale : médiation animale, coaching sportif, activité physique adaptée, art thérapie, psychologues pour les jeunes majeurs », a-t-elle précisé.

Depuis l’ouverture à la mi-novembre 2025, Asterya a déjà accueilli entre ses murs environ 800 enfants d’Ile-de-France, dont 44 % ont moins de 10 ans. Certains, en « parcours intensif » (troubles graves du neurodéveloppement, psychotraumas sévères…), viennent chaque semaine et ne pourraient « absolument pas être pris en charge en ville », selon Mme Gréco. Un suivi intensif de vingt-quatre-trente-six mois peut « guérir les symptômes ». « Le modèle fonctionne », s’est réjoui Emmanuel Macron. Il a également échangé avec une dizaine d’enfants.

« Venir ici m’aide beaucoup à parler. Avant, je n’y arrivais pas » avec « le stress, la tristesse, toutes les émotions mélangées », lui a confié une adolescente de 13 ans, « maintenant, dans ma tête, ce n’est plus flou, j’arrive à retrouver un peu de lumière ». Les équipes ont toutefois pointé des difficultés : les ruptures de parcours de soins de ville en raison du manque de professionnels, notamment d’orthophonistes, la « pénurie de familles d’accueil », la rupture de l’accompagnement, trop rapide après la majorité, ou la nécessité de créer des « bourses d’études » pour ces jeunes, dont seulement 1 % accède aux études supérieures.

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