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Présidentielle 2027 : Bernard Cazeneuve se déclare candidat dans un entretien au « Parisien » et décline la primaire socialiste

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L’ancien premier ministre et ancien ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve se dit prêt, dans un entretien accordé au Parisien, publié jeudi 16 juillet, à se lancer dans la course à l’Elysée, sans passer par la primaire socialiste.

L’ex-chef de gouvernement de François Hollande doit publier, vendredi, une lettre ouverte dévoilant « le projet qu[’il soumet] aux Français ». « C’est donc par un contrat qui me lie aux Français que je présente ma candidature, non par des habiletés tactiques, moins encore par la projection d’un “moi” de plus », justifie Bernard Cazeneuve au quotidien, alors qu’une trentaine de candidats déclarés ou potentiels sont déjà identifiables à ce stade.

L’ancien premier ministre, qui a quitté le Parti socialiste en 2022 et créé son mouvement La Convention, ne participera à aucune primaire. « Les jeux d’appareils à la distance desquels je me tiens résolument depuis l’alliance conclue avec LFI ont tout abîmé », explique Bernard Cazeneuve, ajoutant que « le risque que représente le RN appelle un large rassemblement » allant « bien au-delà des périmètres des primaires étriquées ».

Celui qui se présente comme « un républicain de gauche » et un « social-démocrate » esquisse dans cette interview ses premières propositions. Face à « une crise de confiance » des électeurs, dit-il, « ce que je dis (…) c’est qu’il existe un chemin exigeant de résistance et de redressement ». Bernard Cazeneuve entend ouvrir trois chantiers : la refondation des services publics, éducatifs et de santé ; la modernisation des institutions centrales et territoriales ; et enfin la protection de la souveraineté nationale.

« Dire que le redressement se fera sans effort serait mentir »

« Le besoin de protection est partout, développe-t-il. Il faut protéger nos enfants de la pédocriminalité avec un dispositif national inédit, protéger les femmes des violences (…) Protéger notre biodiversité (…) ceux qui sont éloignés de l’emploi comme ceux dont l’emploi est menacé par la globalisation ou l’intelligence artificielle. Protéger ceux qui se demandent comment sera financée leur retraite et qui veulent sauver l’Etat-providence. »

Bernard Cazeneuve affirme en outre que ce sont « les engagements de campagne déconnectés de la réalité » qui poussent les électeurs « dans les bras des dégagistes », dans une allusion au RN et à LFI. « Dire que le redressement se fera sans effort serait mentir, mais dire combien l’effort dégagera de perspectives prometteuses pour la défense des grands services publics, du modèle social français et de la vie sur la planète peut produire de l’unité et de l’espérance », assure encore l’ancien premier ministre.

Sur le plan économique et budgétaire, il propose « une règle d’or sociale » : toute exonération de cotisation décidée par l’Etat devra être compensée « à l’euro près » à la Sécurité sociale et « tout déséquilibre des comptes sociaux doit être rétabli dans un délai cinq ans ».

Dans un entretien au Figaro publié à la fin du mois d’avril, Bernard Cazeneuve se disait « prêt à être candidat en 2027 ». Il revendiquait alors avoir « rassemblé des élus locaux et nationaux de sensibilités différentes, tous situés au centre gauche ou à gauche », pour élaborer un projet. « Le paysage politique est dominé par deux dégagismes qui ont des caractéristiques communes et s’entretiennent l’un l’autre », expliquait-il : « Le dégagisme d’extrême droite prend prétexte des outrances de l’extrême gauche pour expliquer que l’heure est venue du parti de l’ordre. Le dégagisme d’extrême gauche brandit le danger du fascisme pour expliquer que le rassemblement autour de lui relève d’une urgence absolue. »