Présidentielle 2027 : face à l’impopularité d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Gabriel Attal rejouent la stratégie de la rupture
Comment ne pas se laisser emporter par l’impopularité d’un président de la République acculé par les crises, vilipendé de toute part, auquel l’on est par nature associé ? Sur le sujet, les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Edouard Philippe (2017-2020) et Gabriel Attal (janvier-septembre 2024) avancent depuis de long mois sur une ligne de crête.
Lancés dans la course pour l’élection présidentielle de 2027, les deux candidats ont théorisé la nécessité de ne pas s’aliéner le socle électoral du chef de l’Etat. Mais aussi celle d’incarner une forme de rupture avec le décennat macroniste, face au vent de dégagisme exprimé par les électeurs.
Une prise de distance à laquelle ils consentent volontiers en cette fin de second quinquennat jugée crépusculaire. A leurs yeux, le chef de l’Etat se retrouve déboussolé et acteur de sa propre impuissance, surtout depuis sa décision « funeste » de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024. Leurs liens avec lui sont d’ailleurs réduits à la portion congrue pour Edouard Philippe, totalement rompus pour Gabriel Attal.
En pleine crise sociale et politique, à laquelle ils sont associés, les deux anciens locataires de Matignon ont affirmé leur différence sans ménagement. Un an après s’être désolidarisé d’Emmanuel Macron, lors de la chute du premier gouvernement Lecornu, en appelant à la démission anticipée du chef de l’Etat pour Edouard Philippe, ou en affirmant « ne plus comprendre ses décisions » pour Gabriel Attal, chacun a renoué avec l’art de la distanciation.
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