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Présidentielle 2027 : Gabriel Attal visé par « une ingérence en provenance de Russie », selon son entourage

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Gabriel Attal, candidat à la présidentielle et secrétaire général du parti Renaissance, a été visé à son tour par « une ingérence en provenance de Russie » afin de le déstabiliser à huit mois du premier tour de scrutin, a fait savoir, mercredi 5 août, son entourage à l’Agence France-Presse (AFP).

« Nous avons été informés par le secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale d’ingérences extérieures provenant de Russie et d’organes liés au pouvoir central russe, à l’encontre de Gabriel Attal », a déclaré son entourage.

Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en France, a confirmé avoir détecté mardi cette opération de désinformation qu’il impute avec « une confiance élevée » au réseau prorusse Matriochka (terme russe pour désigner des poupées gigognes). Cette opération est restée « peu visible », avec quelques milliers de vues, selon une source sécuritaire à l’AFP.

Il s’agit de la troisième ingérence numérique attribuée à des réseaux prorusses visant en quelques jours des candidats à la présidentielle française : le patron d’Horizons, Edouard Philippe, et le probable candidat de gauche Raphaël Glucksmann ont eux aussi été la cible d’opérations de déstabilisation en ligne en provenance de Russie, cette fois de la part du groupe Storm-1516. Toutes ces opérations sont restées peu visibles.

Ces faux contenus, publiés sur le réseau social X, ont usurpé l’identité visuelle de médias français (RFI, BFM, Le Parisien, Ouest-France, Libération, France 24 mais aussi l’AFP dans une des vidéos) affirmant notamment que Gabriel Attal présentait « des signes de la maladie de Parkinson » ou plaiderait pour une politique plus favorable à l’égard des squatteurs de logements vides.

Risque « très aigu » d’ingérences

« Nous faisons évidemment le lien avec sa détermination contre les ingérences russes et l’attaque ukrainienne, son engagement pour l’Ukraine, ses fonctions de président du groupe d’amitié France-Ukraine et son statut de candidat à la présidentielle », a-t-on affirmé dans l’entourage de l’ancien premier ministre. « Cette campagne va être d’une violence et d’un niveau de manipulation inouïs », a estimé cette source.

Le mode opératoire de Matriochka, actif depuis 2023, s’appuie sur la publication de faux contenus diffusés de manière coordonnée sur les réseaux sociaux puis relayés par des utilisateurs interpellant directement des médias pour qu’ils se penchent sur les fausses informations en question. Une méthode qualifiée « d’entreprise de diversion » par les experts. Cette campagne avait notamment ciblé les Jeux Olympiques de 2024.

L’actuel premier ministre, Sébastien Lecornu, a dit le 8 juillet s’attendre à un risque « très aigu » d’ingérences étrangères dans le cadre des prochaines échéances électorales en France, présidentielle, mais aussi lors des régionales et départementales de 2028.

Le gouvernement a présenté fin juillet un projet de loi pour mieux lutter contre les ingérences, qui prévoit notamment de durcir les peines pour les personnes diffusant des fausses nouvelles dans un contexte électoral.