« Quelques mots d’amour » : le récit gracieux d’une adolescente en mal de père
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Entré de très longue date, par la porte de l’actorat, dans le milieu du cinéma et de la télévision, Rudi Rosenberg s’est plus tardivement essayé à la réalisation avec une poignée de courts-métrages, puis un premier long (Le Nouveau, 2015) qui connut un succès d’estime en salle. Le voici, à l’âge honorable de 47 ans, qui revient avec son deuxième long-métrage. Il faut croire que ce temps long de la maturation n’a en rien entamé son allant ni sa fraîcheur. Quelques mots d’amour est délicat, insolite, émouvant, c’est une fable réaliste et incertaine – comme on en trouve parfois, en un miracle régulièrement renouvelé, dans le cinéma français – qui fait entendre un autre ton et voir d’une autre manière que les canons en cours.
L’histoire a lieu en banlieue parisienne, au début des années 2000, dans une famille modeste de deux enfants vaillamment élevés par une mère célibataire interprétée par Hafsia Herzi. Un prologue nous expose une situation délicate, avant qu’elle ne se prolonge, avec plus d’acuité encore, l’adolescence venue. Le film se focalise autour de la sœur aînée, Abigaëlle, persuadée depuis l’enfance que son père – qui ne l’a jamais reconnue et a disparu de la vie de sa mère parce qu’il ne voulait pas d’enfants – l’aime en secret, pense à elle, et attend in fine un signe d’elle pour se manifester enfin. Croyance tenace, chevillée au corps, bouée de secours d’une fillette dont la transformation en adolescente avive, plutôt qu’elle n’apaise, le problème.
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