Recours aux cabinets de conseil privés : l’Etat poursuit ses efforts de rationalisation, avec une baisse de 78 % des dépenses depuis 2021
Quatre ans après le rapport accablant du Sénat et l’affaire « McKinsey » qui ont perturbé la campagne d’Emmanuel Macron en 2022, le débat sur le recours par l’Etat aux cabinets de conseil refait surface à la faveur de l’élection présidentielle 2027. Quand Place publique, le mouvement de Raphaël Gluskmann, vainqueur de la primaire sociale-démocrate, affirme vouloir « mettre fin à la dépendance de l’Etat aux cabinets de conseil en encadrant strictement l’externalisation des missions stratégiques », La France insoumise souhaite pour sa part « interdire la sous-traitance et la surfacturation » de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques publiques. « Avec moi, fini les cabinets de conseil ! », avait déjà tonné son leader, Jean-Luc Mélenchon, lors de la campagne présidentielle de 2022.
Ce recours aux cabinets privés est-il pour autant un phénomène toujours aussi « tentaculaire » que le dénonçait la commission d’enquête sénatoriale sur leur « influence croissante » ? Les dernières données gouvernementales, annexées au projet de loi de finances pour 2027, dessinent une situation beaucoup plus nuancée. Elles confirment, surtout, une sérieuse rationalisation des dépenses étatiques depuis, notamment, une circulaire de janvier 2022 par laquelle l’ancien premier ministre, Jean Castex, avait appelé les ministères à réduire la voilure. Un coup de semonce rédigé dans un fort contexte de défiance vis-à-vis des consultants et diffusé juste avant la publication du rapport cinglant du Palais du Luxembourg.
Il vous reste 70.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.