Shu Qi, réalisatrice de « Girl » : « Pour moi, qui n’étais pas cinéaste, tout était compliqué, chaque étape représentait un nouveau défi »
La mue a été longue et douloureuse. Il a fallu plus d’une dizaine d’années à Shu Qi pour mener à terme son premier long-métrage comme réalisatrice. L’actrice taïwanaise, connue notamment en Occident pour ses rôles dans les films de son mentor, Hou Hsiao-hsien (Millennium Mambo, 2001 ; Three Times, 2005 ; The Assassin, 2015), avait été persuadée par ce dernier de s’essayer à passer derrière la caméra. Encore lui fallait-il trouver un sujet et écrire un scénario, exercice auquel elle ne s’était jamais livrée jusqu’alors. « A l’époque, j’en ai beaucoup parlé avec lui. Je lui ai demandé des conseils pour me guider, se souvient Shu Qi, 50 ans, quand on l’interviewe à distance, début juillet. Il m’a dit d’écrire sur un sujet qui me touchait, quelque chose qui me serait familier. Lui pensait que j’en étais tout à fait capable. »
Shu Qi a tout de même pris le temps de la réflexion. « Pour moi, qui n’étais pas réalisatrice, tout était compliqué. Chaque étape représentait un nouveau défi. » Elle s’est alors appuyée sur les recommandations que lui donnait Hou Hsiao-hsien en tant qu’actrice : « Quand tu es face à un personnage que tu vas devoir jouer, oublie tout, jette tout ce qui t’appartient et essaie de te considérer comme une page blanche. » Plutôt que de se lancer dans un récit linéaire, Shu Qi a posé les différentes pièces d’un puzzle qu’il lui faudrait ensuite recomposer.
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