Simon-Pierre Bestion et « La Tempête », un vent de folie dans la musique sacrée
Tout le monde l’appelle « SPB » : Simon-Pierre Bestion n’a pas seulement renoncé à porter l’entièreté de son patronyme dont la finale, de Camboulas, se la joue noblesse d’empire. Il l’a réduit à sa quintessence. Tout comme il en use avec les musiques dont il extrait, en alchimiste un peu fou, le suc fondamental.
Sur la terrasse ouest de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, le chef d’orchestre a rassemblé un ensemble d’hommes et de femmes, cercle noir en plein vent dans les acrobaties des goélands. « Gloria in excelsis deo » : les musiciens de La Tempête chantent, prient. Ils ont faim, ils ont froid, mais l’instant est trop beau. Le drone de Camera lucida productions flotte dans la somptueuse lumière dorée qui enlumine de féerie le crépuscule. Un apaisement inespéré dans ce printemps revêche de mai, qui éprouve de ses revers pluvieux la ténacité d’un rêve.
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