« Small Prophets », sur Apple TV : quand l’alchimie s’invite dans la banlieue de Manchester
APPLE TV – À LA DEMANDE – SÉRIE
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Michael Sleep (Michel Sommeil, en français) pourrait être le protagoniste d’un film de Ken Loach. Il habite dans un pavillon qui ne lui appartient pas, travaille dans une grande surface de bricolage dirigée par un patron lâche et mesquin et doit s’occuper d’un père dont la raison s’en va. Heureusement pour Michael Sleep, il existe dans le répertoire britannique une autre méthode que le réalisme social (qui aurait promis le pauvre homme à la misère, voire pire) pour appréhender le manque et l’absence.
Mis ici en pratique par le créateur, scénariste et réalisateur de Small Prophets, Mackenzie Crook (qui s’est par ailleurs réservé le rôle du directeur du magasin), le fantastique à l’anglaise permet à cette série, diffusée par la BBC avant de faire une carrière internationale sur Apple TV, de bénéficier d’une injection de merveilleux qui en fait un enchantement.
Le malheur de Michael Sleep (Pearce Quigley) ne tient pas seulement à sa condition de salarié. Sept ans avant le premier épisode, Clea, l’amour de sa vie, a disparu la veille de Noël sans laisser d’adresse ni d’explications. Depuis Michael survit, partageant ses journées entre les rayons de seaux en plastique et l’établissement où son père s’emploie à participer à tous les concours gratuits possibles et imaginables. M. Sleep père a le privilège d’être interprété par Michael Palin. Le ci-devant Monty Python lui prête un mélange de naïveté et de rouerie si convaincant qu’on ne s’étonne pas de voir ce vieillard indigne proposer à son fils de recourir à l’alchimie, ce qui permettrait à Michael d’être enfin fixé sur le sort de sa bien-aimée.
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