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Sur la route de la crise du pouvoir d’achat, dans la Bresse bourguignonne : « Ça craque de tous les côtés, on a l’impression de perdre prise »

Sur la route de la crise du pouvoir d’achat, dans la Bresse bourguignonne : « Ça craque de tous les côtés, on a l’impression de perdre prise »

La scène se répète le long des nationales de la Bresse bourguignonne, au carrefour du Jura et de la Saône-et-Loire, aux abords des stations-service TotalEnergies, où les prix sont bloqués : des chapelets ininterrompus de voitures et de semi-remorques viennent faire le plein (1,99 euro pour l’essence, 2,25 euros le diesel). Pas un coup de klaxon. Aux pompes, un air de sauve-qui-peut. On surprend parfois ces mots, réminiscences du mouvement des « gilets jaunes » de l’hiver 2018-2019 : « on vit pas, on survit », « on doit payer pour aller travailler ». C’est dit d’un ton las, presque sans y croire, comme une résistance minuscule et désespérée.

Au sortir d’un été caniculaire et à l’orée d’une élection présidentielle charnière, quelque chose flotte dans l’air, sans que personne ne sache bien quoi. Ce n’est pas comme en 2008-2009, lorsque « la crise [financière] » se disait au singulier et avait des contours délimités. « Aujourd’hui, ça craque de tous les côtés, on a l’impression de perdre prise », résume une aide-soignante en remplissant des bidons pour son fils en apprentissage : inflation, crise du pouvoir d’achat historique, de l’emploi, du logement, des institutions, de l’agriculture, du climat, mouvement lycéen… comme une espèce de convergence des angoisses.

Alors que les crises se démultiplient et risquent de s’agréger, le premier ministre, Sébastien Lecornu, prendra la parole mercredi 7 octobre au soir sur la mobilisation lycéenne, la crise agricole, mais aussi sur le prix des carburants et la situation financière du pays. Dans la Bresse bourguignonne comme dans d’autres territoires ruraux enclavés, les déplacements domicile-travail sont plus longs, les emplois moins qualifiés (29 % des actifs des zones rurales sont ouvriers), les revenus plus bas, et la voiture un bien de première nécessité (près de 90 % des actifs ruraux l’utilisent pour aller travailler, contre moins de 60 % dans les pôles urbains). Alors ici la flambée des prix du carburant et des coûts de l’énergie pèse plus fort qu’ailleurs.

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