L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS
C’est un fait, Aaron Sorkin, 65 ans, auteur de The Social Reckoning, est l’un des grands noms de l’écriture scénaristique américaine de ces dernières années. Les séries A la Maison Blanche (2001-2006), à moindre égard sans doute The Newsroom (2012-2014), ou encore les films The Social Network (David Fincher, 2010) et Le Stratège (Bennett Miller, 2011) sont là pour en témoigner.
Passionné de sujets sociopolitiques, féru de dialogues électrisant l’action, cet homme de sujets et de mots, étincelant dans l’ombre des œuvres mettant en scène ses créations, perd toutefois ses moyens lorsqu’il s’agit de passer lui-même à la réalisation. Le Grand Jeu (2018), Les Sept de Chicago (2020), Being the Ricardos (2021), sans démériter, sont loin d’avoir cassé la baraque cinématographique. Exemplaire rappel, parmi d’autres, de la légitime distinction qu’il convient de faire au cinéma entre scénario et mise en scène, surtout à une époque qui, réduisant l’art à un slogan, subordonne souvent la forme au sujet.
Et quel sujet en or, justement, que celui de The Social Reckoning ! Rien de moins que l’adaptation d’une série d’articles retentissante du journaliste américain Jeff Horwitz, lequel – nourri par les fichiers exfiltrés de Frances Haugen, une jeune lanceuse d’alerte – démontra, en 2021, dans les colonnes du Wall Street Journal, la parfaite connaissance qu’avaient les dirigeants de Facebook et d’Instagram, et par excellence Mark Zuckerberg, des effets profondément toxiques (mentaux, politiques, sociétaux) des algorithmes et des contenus de ces plateformes sur leurs utilisateurs. Or la pure logique du profit aura eu raison de la morale des dirigeants.
Il vous reste 50.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.