Thomas Chevallier, sociologue : « Les associations sont poussées à faire le plus possible avec le moins de moyens possible »
Thomas Chevallier est chargé de recherches au fonds de la recherche scientifique, au sein de l’université catholique de Louvain (Belgique). Ce sociologue du politique revient sur la baisse des financements publics en faveur des associations en France. Il décrypte aussi leur effet : certaines associations font le choix de réduire leur activité d’autant, tandis que d’autres acceptent de revoir profondément leur modèle.
Comment le financement des associations a-t-il été fragilisé ?
Pendant longtemps, le rôle des associations, en France, a été consensuel, et la subvention couvrait un champ très large. Mais les années récentes ont été marquées par des baisses importantes de ce mode de financement et par un changement d’attitude. Elles sont parfois dénoncées comme des organisations « assistées » – quand bien même elles remplissent des missions d’intérêt général, grâce à des bénévoles et à la création d’emplois peu coûteux. Le sociologue Matthieu Hély parle même d’une « quatrième fonction publique », aux salaires inférieurs à ceux des fonctionnaires et au statut précaire.
Des secteurs considérés comme non productifs, ou politisés, sont particulièrement touchés : la culture, au point que l’exception culturelle française paraît remise en question ; les associations environnementales ; celles qui défendent les droits des femmes, comme le Planning familial, ou encore les minorités ou les migrants. On voit aussi le monde de l’éducation populaire, dédié à la jeunesse, à la petite enfance et aux loisirs, mourir à petit feu.
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