Le stade Ernest-Wallon, antre du Stade toulousain, n’entendra bientôt plus les râlements de Thomas Ramos, jamais avare d’un mot musclé pour remettre à sa place – et à son poste – un coéquipier ayant eu la mauvaise idée de traîner. Mardi 4 août, le club haut-garonnais a officialisé ce qui semblait encore hautement improbable il y a quelques jours : le départ de son arrière vers un rival, le Racing 92, à l’issue de la saison 2026-2027, et ce pour trois ans.
Six fois champion de France avec le Stade toulousain, le natif de Mazamet (Tarn) avait même été de toutes les finales depuis la première face à Clermont en 2019. Un petit exploit dont il est le seul, avec le troisième ligne François Cros, à pouvoir se targuer. A 31 ans, il semblait encore largement en mesure de faire grossir son palmarès dans le sud, mais a décidé de donner un nouveau tournant à sa carrière en rejoignant le cinquième du dernier championnat, battu le 19 juin par Toulouse en demies de la phase finale du Top 14 (17-71).
« Cette décision a été particulièrement difficile à prendre. Le Stade toulousain est mon club, celui qui m’a vu grandir, m’épanouir et vivre des moments que je n’oublierai jamais, explique le joueur dans un communiqué publié mardi par son équipe, qui a fini par confirmer une rumeur qui ne cessait de gonfler. J’ai choisi de relever un nouveau défi sportif, avec l’envie de découvrir un nouvel environnement et de poursuivre mon évolution. »
De son côté, le club aux vingt-cinq Boucliers de Brennus salue « l’un des visages du Stade Toulousain », taulier de l’équipe depuis de longues saisons au même titre que le demi de mêlée Antoine Dupont ou l’ouvreur Romain Ntamack. « Voir partir un joueur de cette dimension n’est jamais anodin, mais cela fait partie de la vie d’un club et du sport de haut niveau », poursuit le président Didier Lacroix dans le même communiqué.
Des solutions à Toulouse
Arrivé au club à 16 ans, celui qui peut aussi bien évoluer avec les maillots floqués du « 10 » ou du « 15 » y avait passé l’intégralité de sa carrière professionnelle, à l’exception d’un prêt d’un an à Colomiers en 2016-2017 pour gagner du temps de jeu. Outre ses titres en Top 14, Thomas Ramos a remporté deux Coupes d’Europe dans la ville rose, et pris une dimension lui permettant au fil des années de devenir titulaire indiscutable avec le XV de France, dont il est le meilleur buteur.
Sauf blessure ou grosse méforme, il devrait d’ailleurs être du voyage en Australie pour la prochaine Coupe du monde (1er octobre-13 novembre 2027), avant de poser ses valises dans les Hauts-de-Seine. Aux côtés d’anciens et futurs coéquipiers, il tentera de décrocher le premier titre mondial des Bleus, après avoir déjà remporté trois Tournois des six nations.
En se séparant de leur arrière titulaire mais aussi de leur buteur le plus fiable, les Haut-Garonnais perdent gros sportivement. Ils vont néanmoins s’y retrouver financièrement puisque Thomas Ramos possède l’un des plus gros salaires de la maison rouge et noir, alors même que le club multiplie les amendes pour des infractions au « salary cap », le plafond salarial en vigueur dans le Top 14. La dernière en date, le 3 juillet, leur a coûté 2,88 millions d’euros.
L’entraîneur Ugo Mola pourra quant à lui se rassurer en se disant qu’il compte dans ses rangs pléthore d’éventuels remplaçants, de l’Italien Ange Capuozzo à l’Ecossais Blair Kinghorn en passant par l’Argentin Juan Cruz Mallia ou le Belge Matias Remue. Du côté du Racing 92, on se réjouit d’avoir attiré un « joueur de classe internationale », qui « incarnera parfaitement la stratégie mise en œuvre depuis dix-huit mois qui consiste à construire un effectif compétitif formé de jeunes joueurs talentueux issus de la formation du club, et épaulés par des joueurs internationaux français et étrangers ».