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Thomas Ruyant, dernier vainqueur de la Route du rhum en Imoca, renonce à la course faute de sponsor majeur

Thomas Ruyant, dernier vainqueur de la Route du rhum en Imoca, renonce à la course faute de sponsor majeur

Tenant du titre en Imoca – des monocoques de 18 mètres –, le navigateur Thomas Ruyant a annoncé, lundi 21 septembre, qu’il ne serait pas au départ de la Route du rhum, le 1er novembre, faute d’avoir pu trouver un sponsor majeur pour son nouveau voilier. « Nous n’avons pas trouvé la collaboration avec un partenaire qui nous permette d’être à Saint-Malo [Ille-et-Vilaine] dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, je dois renoncer à cette Route du rhum », a communiqué le marin français de 45 ans sur ses réseaux sociaux.

« En tant que tenant du titre, j’avais évidemment très envie de revenir (…). Nous avions beaucoup d’atouts pour écrire une belle histoire : une équipe engagée et talentueuse, un nouveau bateau qui nous a bluffés », a-t-il déploré. Le Nordiste, grand spécialiste des courses transatlantiques en monocoque – il a remporté la Mini Transat en 2009, la Route du rhum en 2010 et 2022, la Transat AG2R en 2018 et la Transat Jacques Vabre en 2021 et 2023 –, cherchait depuis des mois du budget pour couvrir le coût de fonctionnement de son écurie, TR Racing, qu’il a fondée en 2018.

Le bateau, un Imoca à foils – ces appendices permettant aux voiliers de « voler » au-dessus de l’eau – tout neuf, a été mis à l’eau en juin à Lorient, où est établie l’écurie. Les dernières générations de ces monocoques de la classe qui disputent le prestigieux Vendée Globe coûtent entre 6 et 10 millions d’euros à fabriquer. Thomas Ruyant avait besoin d’environ 2,5 millions d’euros pour prendre part au Rhum dans de bonnes conditions, puis 4 à 5 millions par an jusqu’au Vendée Globe 2028, pour couvrir le budget de fonctionnement de son écurie.

Plusieurs autres marins contraints de renoncer à des courses

Thomas Ruyant n’est pas le seul à être confronté à un marché du sponsoring sous tension dans la course au large. Des marins d’envergure ont vu leur contrat s’arrêter ces derniers mois ou n’ont pas réussi à lancer leur projet Vendée Globe, à l’instar de Jérémie Beyou, troisième de l’épreuve en 2022, et dont le partenariat avec Charal prendra fin après cette édition, ou de Franck Cammas, vainqueur de la Route du Rhum en 2010, qui a déjà renoncé au prochain Vendée Globe alors qu’il prend la barre d’un Imoca neuf. Les navigateurs Armel Tripon et Maxime Sorel, également en Imoca, sont toujours à la recherche de financements pour pouvoir prendre le départ de la Route du rhum, qui reliera Saint-Malo à la Guadeloupe au début de novembre.

L’association Imoca – qui fixe les règles techniques de la classe, développe la flotte et son programme sportif – discute actuellement, au sein d’une commission spécifique d’une quinzaine de membres, d’un éventuel gel temporaire des fabrications d’Imoca après le prochain Vendée Globe, pour le cycle 2029-2032. Les classes Mini et Ocean Fifty ont déjà adopté de telles mesures pour éviter l’engorgement du marché de l’occasion et préserver la valeur de revente des voiliers, qui contribue à amortir les coûts de développement des nouveaux bateaux. L’enjeu est particulièrement sensible en Imoca, où la course à l’innovation accélère la dépréciation des monocoques. Une décision doit être prise d’ici à la fin de 2026.

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